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mardi 31 janvier 2017

Sang froid - La position des tireurs couchés - Nils Barrellon

La Position des tireurs couchés

Nils Barrellon

Editions Fleur Sauvage




Ma lecture


Zlatan Gubic, que ses collègues surnoment Ibra, est THP, tireur de haute précision. Il a la maîtrise de son mental, la maîtrise de son corps. Le sang froid indispensable à ce métier de haute volé.
Tout ça il l'a apprit lors du conflit qui a déchiré son pays, la Bosnie-Herzégovine. De sniper il est devenu THP.


"Il a peur de la douleur mais il n'a pas peur de la mort.
Cette vieille copine qui s'est tenue à ses cotés si longtemps. Une main froide posée sur son épaule. Zlatan a eu le temps de l'apprivoiser et il n'en a plus peur. A-t-on peur de ce qu'on connait ?"



Lorsqu'un meurtre, puis une avalanche de morts sur sa route, le font basculer dans l'enfer.


Avec adresse, l'auteur va nous emmener sur une piste, plus que probable, la vengeance. Jusqu'aux derniers chapitres, où le retournement de situation va nous laisser pantois. 

Un texte précis, documenté (sur la profession de THP, la guerre de Bosnie-Herzégovine), mâtiné de petites touches d'humour disséminées ça et là.

 " - Comment t'as su?
    - Le reflet.
    - Le reflet ? Quel reflet ?
    - Celui sur le bureau.
  - Pour voir les corps ? J'te parle pas de ça ! Comment t'as su qu'il essayait de se faire la malle au milieu des otages ? Qu'il avait refilé un flingue déchargé au grand ?
     - Je l'ai lu.
     - Tu l'as lu ? Tu déconnes ! Où ?
     - Sur son visage.
    Breck le regarde.
     - Et quand tu me regardes ? Tu vois quoi ?
     - Monsieur Propre. "


Ma première incursion dans l'univers de Nils Barrellon est une réussite. J'ai beaucoup aimé cette lecture.
Une mention spéciale aux éditions Fleur Sauvage, qui font un travail remarquable quant à leur couvertures, qui me titillent l’œil a chaque fois.


4ème de couverture


S'appeler Zlatan, attendre et viser juste
Tirer pour tuer
Rentrer chez soi
Mais surtout...
Faire gaffe sur la route !

Avec son écriture privilégiant l'efficacité, "La position des tireurs couchés" rend hommage à Jean-Patrick Manchette tout en nous offrant un thriller documenté, au rythme soutenu et au suspens haletant.


Défi lecture 2017, catégorie 1 : un livre de votre maison d'édition favorite.





mercredi 30 mars 2016

Survivre... Ceci n'est pas une chronique

Titre : Kinderzimmer

Auteur : Valentine Goby

Edition : Babel Poche - Parution le 4/03/2015

ISBN / EAN : 9782330048631

Ma lecture:

Je m'étais dit que je ne ferai pas de chronique pour ce livre, je suis en colère, je ne comprends pas comment de telles choses ont pu, et peuvent encore exister. Evidemment, je sais ce qu'il s'est passé, j'ai vu des films, écouté des témoignages, lu des livres, mais à chaque fois j'en ressort lessivée et l'âme meurtrie. Le sujet est pesant, sombre. Comment survivre face a tout ce que l'être humain recèle de plus noir, de plus abject. Et puis, dans ce combat de chaque seconde, la toute petite, minuscule lueur d'espoir. Et si on y arrivait ? Si on se sortait de là ? Par quels moyens peut-on résister aux privations, humiliations, violence, inhumanité de tous les jours ? Chaque petit geste de résistance est un pas de plus vers un hypothétique avenir, et un soutien moral, ô combien, précieux.  Nous ne pouvons qu'imaginer ce qu'ils ont enduré, et rien que cela nous torture profondément, nous questionne, nous renvoi à notre comportement, nos actions de tous les jours. A notre vie.

Quelque soit la duré et les raisons de l'enfermement dans ces camps de la mort, nous nous devons de rendre hommage avec le plus grand respect aux millions de personnes passés par là. Et surtout ne pas oublier, et transmettre aux générations futures. Et leur permettre d'être vigilants face au monde et à l'être humain.


Un extrait ou deux... :

"- Je vais t'inscrire au Bertrieb. La couture, c'est mieux pour toi. Le rythme est soutenu mais tu es assise. D'accord?

- Je ne sais pas.

- Si tu dis oui c'est notre enfant. Le tien et le mien. Et je te laisserai pas.Mila se retourne :- Pourquoi tu fais ça ? Qu'est ce que tu veux ?- La même chose que toi. Une raison de vivre."


Une (des) image(s) :



Un lien : Les bébés du camp de Ravensbrück


4ème de couverture

En 1944, le camp de concentration de Ravensbrück compte plus de quarante mille détenues. Dans les baraquements, chaque femme doit trouver l'énergie de survivre, au plus profond d'elle-même, puiser quotidiennement la force d'imaginer demain. Quand elle arrive là, Mila a vingt ans. Elle est enceinte mais elle ne sait pas si ça compte, si elle porte une vie ou sa propre condamnation à mort.

Sur ce lieu de destruction, comme une anomalie, une possibilité : la Kinderzimmer, une pièce dévolue aux nourrissons, un point de lumière dans les ténèbres.

dimanche 6 mars 2016

Histoire et amitié

Titre: La chambre d'Hannah

Auteur : Stéphane Bellat

Edition: MA éditions - Parution le 19/03/2014

ISBN / EAN : 9782822402972


4eme de couverture


Paris, février 1992. Pierre Descarrières, 11 ans, est malheureux coincé entre une vie terne et des parents qui se déchirent quotidiennement. Seul dans sa chambre, il rêve d'un frère ou d'une sœur qui viendrait rompre sa solitude. Paris, février 1942. Hannah Klezmer, 11 ans, étouffe dans l'espace confiné de son appartement, mise à l'écart parce qu'elle est juive. Leurs routes n'auraient jamais dû se croiser. Et pourtant, c'est arrivé. Car il existe entre eux un lien plus fort que le temps et la folie des hommes.

Si La chambre d'Hannah plonge ses racines dans l'Histoire la plus sombre, c'est aussi le roman sensible et lumineux d'une amitié entre deux enfants qui n'ont, au premier abord, rien en commun : ni leur condition, ni leur époque. Avec, en filigrane, ces deux questions essentielles: jusqu'où aller par amitié ? Sommes-nous prêts à croire l'impossible ?


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Ma lecture:

Comment, quand on a 11 ans peut-on supporter la mésentente de ses parents ? Jours après jours, Pierre se réfugie dans sa chambre au moindre éclat de voix, ses parents se déchirent. Ses journées au collège ne sont pas terribles, seul son meilleur ami, Maxime lui permet d'oublier un peu son calvaire. Avec la force du désespoir, il désir un frère, une sœur, qui pourrait partager son quotidien. Un soir une petite fille apparaît dans sa chambre. De cette rencontre va naître une drôle d'histoire, d'amitié, de sauvetage, et surtout un retour sur l'Histoire.



J'ai aimé :


Une jolie histoire, d'entraide, de don de soi, et d'apprentissage. Un voyage dans le temps et la terreur.

J'ai été un peu décontenancée, lorsque Stéphane Bellat, assène que plus personne ne sait, ne se souviens de ce qu'il s'est passé lors de la 2nde Guerre Mondiale et le sort qui était réservé aux Juifs. Les héros de cette histoire ont 11 ans, je me suis interrogée sur ce que je savais moi a leur âge de cette partie de notre histoire, beaucoup plus qu'eux, c'est évident. Puis je me suis demandé pourquoi de nos jours, nos enfants ne savent rien des horreurs commises pendant cette période. Je me suis rendue compte, que mes grands parents avaient connu cette guerre et surtout m'en avaient parlé, beaucoup. Donc à 8-9 ans je savais... Ce qui n'est pas le cas des enfants de notre époque.

 J'ai posé des questions à ma fille (bientôt 10 ans), elle sait qu'il y a eu une guerre, mais ne sait pas exactement ce qu'il s'est passé. Je lui ai expliqué, avec mes mots. 

 Alors que les survivants de cette guerre vont se faire de plus en plus rares, il va falloir éduquer et informer nos générations futures, afin de conserver en mémoire que l'Homme est capable des pires horreurs, comme des plus beaux actes de bravoure.

J'ai décidé de faire visionner a ma fille plusieurs films traitant de ce sujet, peut être pas dans l'immédiat, mais d'ici un an.

Sur ma liste:

La vie est belle de Roberto Begnini

La rafle de Roselyne Bosch

La listes de Schindler de Steven Spielberg

Si vous en connaissez d'autre, n'hésitez pas.


Un extrait ou deux...:

"Le regard des autres est pire que la faim. Il déchire les entrailles, arrache des larmes de sang. Il vous pousse à maudire le destin d'être né différent. On en finit par souhaiter de devenir invisible. Au plus profond d'eux-mêmes, la plupart des humains entretiennent la phobie de ce qui n'est pas eux. Lorsque vint le moment de nous séparer de nos étoiles, nous l'avons compris sans même nous parler."

"C'est ce jour précis que j'ai compris à quel point la souffrance des autres peut nous faire oublier la nôtre."

"A Auschwitz, mes enfants, il n'y a rien à comprendre. Tout ce qui est arrivé ne pourra jamais s'expliquer avec des mots. Tout cela a existé, c'est tout ce qu'il faut en retenir."


Une (des) image(s):



Peinture de Wladyslaw Siwek, 1946 

Musée d'Etat d'Auschwitz-Birkenau