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lundi 27 février 2017

République bananière - Confessions d'une sardine sans tête - Guy Alexandre Sounda



Confessions d'une sardine sans tête
Guy Alexandre Sounda

Editions Sur le fil





Quand un écouteur assermenté plonge dans les cauchemars d'un ancien milicien, ce n'est pas de tout repos. 

Dans un pays imaginaire, mais s'inspirant du Congo-Brazzaville, nous sommes en pleine guerre civile. 
Fabius Mortimer Bartoza, dit Sardine-sans-tête, est jeune lorsque son père est assassiné par les hommes à la solde du président alias Sa-Majesté-La-Chose.
Son délit, avoir peint des visages sur les palissades de sa maison.
Petit à petit dans cette contré sans avenir, Fabius Mortimer va se faire enrôler dans une milice opposée a la dictature des Moustachus et des Bérets rouges.


Quel étrange roman que celui-là, des moments de lecture jubilatoires, des associations de mots réjouissantes, mais des digressions et des longueurs qui m'ont fait perdre le fil du récit de temps en temps. 

"Moi, chère petite, à leur place, j'aurais mis le feu aux kilomètres de baratins et de promesses utopiques. Finalement, tu vois, la politique est la même partout: on papote sur la forme, on éjacule dans le fond, on fait mine d'innover, mais l’évidence est têtue: les politiciens, jaunes ou noirs, viennent tous d'un même cloître où l'on fabrique des lanternes avec des lambeaux de vessies"

Un roman très critique sur les "républiques" africaines, sur la politique en général.


4ème de couverture

« Je traversais une petite folie quand même. Une petite folie ou une déconnade, appelle ça comme tu veux, un voile qui m’empêchait de voir la nudité des choses. »

Un écouteur assermenté recueille sur son calepin les confessions par gestes de Fabius Mortimer Bartoza, un sexagénaire parisien que des gendarmes ont retrouvé au petit matin en compagnie de sa poupée russe, juché sur la statue d’Henri IV, clamant à cœur et à cris vouloir fêter enfin son trentième anniversaire et entamer une nouvelle vie. Et nous voilà embarqués dans les méandres du passé de cette Sardine-sans-tête, sorte de nom de code que portaient les miliciens sous les ordres de tonton Keban, un sous-officier rebelle de l’armée nationale opposé au Président Yango-na-Yango, alias Sa-Majesté-la-Chose, pendant la guerre civile qui sévissait à Gombo-la-capitale : de la dictature du régime des Moustachus et de l’oppression des Bérets Rouges à son exil et son errance sur les pavés parisiens, en passant par ses amours, ses embrouilles et ses fantômes, Fabius Mortimer nous dit tout de la vie des hommes au carrefour de l’Afrique et de la France – et surtout l’indicible ?


Défi lecture 2017 : Catégorie 57 --> un livre qui se passe sur plusieurs continents.

jeudi 29 décembre 2016

Pluie et grisaille - Été pourri à Melun plage - Nicolas Duplessier


Été pourri à Melun plage

Nicolas Duplessier

Editions Atelier Mosésu


Ma lecture :


Juillet, la pluie - personnage à part entière du roman - incessante, de celle qui vous laisse un voile devant les yeux, vous mouille jusqu’à la moelle, ajoute  à la grisaille des barres HLM. 

"Le béton a pétrifié la misère, isolant les classes les plus misérables. Le nombre de chômeurs a doublé. Ici plus qu'ailleurs, les conséquences dévastatrices ne se sont pas fait attendre. Chômage de masse qui glisse doucement vers une pauvreté de masse, émeutes populaires et désobéissance civile, séquestration des patrons pourris et autres escrocs en col blanc."


Florian, désabusé, mène tant bien que mal une vie étriquée à Melun. Sujet à une déprime lancinante, qui perdure depuis trop longtemps. Quand la femme de sa vie Roxane, réapparaît subitement, il se voit sortir de sa léthargie. Cela est sans compter sur les coups du sort. Après un message laissé par Roxane sur son répondeur, Florian part à la recherche de celle-ci. Les péripéties vont pleuvoir (c'est un maître mot dans ce livre) en chaîne.


Georges Stein, Ponts de Melun et vue de Seine,

Un premier roman bien mené, avec humour, des personnages bien campés, une mise en place de l'intrigue astucieuse. Fort agréable à lire.



Banlieue Boogie Blues


4ème de couverture




Florian traîne son mal de vivre dans les rues de Melun, entre un boulot minable et une vie sentimentale sans joie.

De morose, son existence devient vraiment pourrie le jour où Roxane, l’ex-grand amour de sa vie, est portée disparue.

Très vite dans la ligne de mire des policiers, Florian doit mener sa propre enquête et se confronter à ses fantômes, découvrant une histoire qui le dépasse et la tonne d’emmerdes qui l’accompagne.

Été pourri à Melun-Plage est un roman noir et cinglant qui raconte la descente aux enfers d’un loser pas du tout magnifique.

dimanche 31 juillet 2016

Nous avons tous un surhomme qui sommeil en nous



Titre : Charles repousse la nuit


Auteur : PA Thevenet


Edition : Auto-édition - Parution : 2016 - 298 pages



ISBN / EAN : 9781530173334




Ma lecture :



Un décor post-apocalyptique, une chasse aux super-héros, une malédiction sur l'espèce humaine : l'immortalité pour tous. Chacun en rêve, mais qu'en ferions-nous ? Quelle joie au départ de se savoir immortel, puis l'ennuie s'invite. Les hommes sous couvert d'immortalité, s'entre-tuent à tour de bras, se suicident. Depuis 5 ans qu'ils ont acquis l’immortalité, les êtres humains n'attendent plus rien de la vie éternelle, quand le dernier survivant d'une "chasse aux sorcières" sans merci arrive et découvre ce qu'est devenu le monde, un cauchemar. Accompagné d'un enfant, il va tout faire pour lever cette malédiction. Ne possédant plus son pouvoir de super-héros, qui le rendait malheureux, il met en place un plan afin de sauver l’humanité, de reconstruire les vies de chacun.
Sans en avoir l'air, sur le mode d'une fable fantastique, l'auteur nous propose une critique de notre société insatiable de consommation, de pouvoir et de reconnaissance à n'importe quel prix. Jusqu’à en oublier ce qui fait la vie et sa beauté - le partage, la joie, l'amour, l'accomplissement de soi, la tristesse, les défaites, les recommencements. Sans tous cela certainement ne serions-nous que haine, peur et colère. Alors a-t-on besoin de super-héros pour adoucir ce monde?
Parce que oui, on rêve tous d'avoir des superpouvoirs, si, si, moi par exemple j'aimerai être la sorcière bien aimée, d'un claquement de doigts faire tout ce dont j'ai envie (bon d'accord mon prénom s'y prête). Enfin qui ne se dit pas tous les jours "Ah si je pouvais..."?Nous en avons oublié que chacun d'entre nous a en lui son super-héros du quotidien, celui qui fait que chaque jour nous nous levons pour commencer une nouvelle aventure. Nous sommes nos propre super-héros.

Ce livre mérite de rencontrer son éditeur, il n'en serait que plus aboutit, l'autoédition a ses petits travers.Je n'ai qu'une chose à vous dire, procurez-vous ce livre, version papier ou eBook.




Un extrait ou deux... :

"Les maisons étaient toutes penchées ou éventrées, ouvertes aux quatre vents, leurs tuiles évaporées et leurs fenêtres brisées. Les lampadaires ? Tordus. Et le bitume ? Comme foudroyé."


Une (des) image(s) :








4ème de couverture :


Les surhommes. Nous les aimions. Nous les vénérions. Ils étaient nos modèles. Ils devaient être nos sauveurs. Puis Charles Goodman disparut. Et Waterman commit l’irréparable. La jalousie et la rancœur nous conduisirent alors aux meurtres. Et il ne resta bientôt plus un seul super-héros en vie. Nous fûmes maudits pour ce crime. Désormais, nos vies sont figées dans un monde de folie, un monde violent, un monde éternel. Qu’attendre alors de Charles, de retour cinq ans plus tard, mais sans son ancien pouvoir ? Aidé de Vincent, un enfant spécial lui aussi, Charles Goodman va devoir affronter ses démons et trouver sa véritable mission. Parviendra-t-il à libérer les hommes de leur malédiction ? Le monde survivra-t-il au chaos ? Charles repousse la nuit est un roman fantastique qui plonge ses racines dans nos peurs et nos espérances, pour mieux devenir un hymne à la fraternité et à la vie. Un récit à la croisée des genres, entre la fable intimiste et le thriller post-apocalyptique, qui interroge d’un regard neuf la figure  au combien actuelle du super-héros…

samedi 28 mai 2016

Introspection, une invitation aux voyages

Titre : Silhouette, ou les miroirs de l'Asie


Auteur : Jean-Pierre Mathé



Edition : Atine Nenaud - Parution: 12/2013 -261 pages



ISBN / EAN : 9782930735061








Ma lecture :


Durbar Square, Kathmandu - Népal. 1997. Rendez - vous de Silhouette et de L'Homme. 20 ans après, attablé au Cosmopolitan Restaurant, L'Homme se penche sur sa route qui le mena durant 2 ans de la France à l'Australie, en passant par l'Asie. Avec un peu de nostalgie, et surtout un esprit critique sur ce qu'il fût - Silhouette - L'Homme suit pas à pas ses pérégrinations à travers l'Asie, s'emporte quant à l'inconscience du jeune homme, à son inconséquence, à son innocence, mais sait rester indulgent face a cette jeunesse pleine d'illusions.  Cet être en devenir. Dans ce livre nous voyageons aux cotés de Silhouette, puis du Pèlerin (surnom que lui donna son amis Le Troubadour), et enfin aux cotés de L'Homme. Nous nous initions à divers expériences sous l'emprise de substances divers et variées. Avec une jolie plume et un vocabulaire choisi, Jean-Pierre Mathé nous entraîne dans son sillage à la découverte de ce que fût la route dans les années 70. Entre flash back, poésie et critique. Ils sont multiples les miroirs de l'Asie, plus ou moins réfléchissants, mais jamais ternes.


4ème de couverture:

Foisonnement d'images, de senteurs, de sonorités et de sensations qui s'entrechoquent, vibrent leurs échos sur la corde vitale, ravivant en l'Homme la kyrielle des souvenirs pour entamer une danse où les émanations du passé épousent les sentiments présents, s'inscrivent à l'instant de vie en un pêle-mêle harmonieux. De ce tournoiement coloré, une image issue du passé surgit. Sur ce kaléidoscope mental, elle s'immisce dans le présent, se superpose à lui. Une silhouette s'y dessine, se précise. » Attention, Objet Littéraire Non Identifié! Loin des carnets de voyage et de leurs clichés, Jean-Pierre Mathé vous invite à contempler ses miroirs de l'Asie comme on se glisserait sur une couchette pour fumer l'Opium. Tour à tour Homme, Silhouette, ou Pèlerin, . . . le narrateur aux multiples visages nous mène au-delà de toute image convenue, là où les secrets se cachent dans le brouhaha des foules. Son Asie à lui ne se raconte pas, elle se griffonne ou se peint au couteau, avec la frénésie des possédés.



Une (des) image(s) :




Durbar Square - Kathmandu










Hippie Trail










Goa










dimanche 6 mars 2016

Histoire et amitié

Titre: La chambre d'Hannah

Auteur : Stéphane Bellat

Edition: MA éditions - Parution le 19/03/2014

ISBN / EAN : 9782822402972


4eme de couverture


Paris, février 1992. Pierre Descarrières, 11 ans, est malheureux coincé entre une vie terne et des parents qui se déchirent quotidiennement. Seul dans sa chambre, il rêve d'un frère ou d'une sœur qui viendrait rompre sa solitude. Paris, février 1942. Hannah Klezmer, 11 ans, étouffe dans l'espace confiné de son appartement, mise à l'écart parce qu'elle est juive. Leurs routes n'auraient jamais dû se croiser. Et pourtant, c'est arrivé. Car il existe entre eux un lien plus fort que le temps et la folie des hommes.

Si La chambre d'Hannah plonge ses racines dans l'Histoire la plus sombre, c'est aussi le roman sensible et lumineux d'une amitié entre deux enfants qui n'ont, au premier abord, rien en commun : ni leur condition, ni leur époque. Avec, en filigrane, ces deux questions essentielles: jusqu'où aller par amitié ? Sommes-nous prêts à croire l'impossible ?


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Ma lecture:

Comment, quand on a 11 ans peut-on supporter la mésentente de ses parents ? Jours après jours, Pierre se réfugie dans sa chambre au moindre éclat de voix, ses parents se déchirent. Ses journées au collège ne sont pas terribles, seul son meilleur ami, Maxime lui permet d'oublier un peu son calvaire. Avec la force du désespoir, il désir un frère, une sœur, qui pourrait partager son quotidien. Un soir une petite fille apparaît dans sa chambre. De cette rencontre va naître une drôle d'histoire, d'amitié, de sauvetage, et surtout un retour sur l'Histoire.



J'ai aimé :


Une jolie histoire, d'entraide, de don de soi, et d'apprentissage. Un voyage dans le temps et la terreur.

J'ai été un peu décontenancée, lorsque Stéphane Bellat, assène que plus personne ne sait, ne se souviens de ce qu'il s'est passé lors de la 2nde Guerre Mondiale et le sort qui était réservé aux Juifs. Les héros de cette histoire ont 11 ans, je me suis interrogée sur ce que je savais moi a leur âge de cette partie de notre histoire, beaucoup plus qu'eux, c'est évident. Puis je me suis demandé pourquoi de nos jours, nos enfants ne savent rien des horreurs commises pendant cette période. Je me suis rendue compte, que mes grands parents avaient connu cette guerre et surtout m'en avaient parlé, beaucoup. Donc à 8-9 ans je savais... Ce qui n'est pas le cas des enfants de notre époque.

 J'ai posé des questions à ma fille (bientôt 10 ans), elle sait qu'il y a eu une guerre, mais ne sait pas exactement ce qu'il s'est passé. Je lui ai expliqué, avec mes mots. 

 Alors que les survivants de cette guerre vont se faire de plus en plus rares, il va falloir éduquer et informer nos générations futures, afin de conserver en mémoire que l'Homme est capable des pires horreurs, comme des plus beaux actes de bravoure.

J'ai décidé de faire visionner a ma fille plusieurs films traitant de ce sujet, peut être pas dans l'immédiat, mais d'ici un an.

Sur ma liste:

La vie est belle de Roberto Begnini

La rafle de Roselyne Bosch

La listes de Schindler de Steven Spielberg

Si vous en connaissez d'autre, n'hésitez pas.


Un extrait ou deux...:

"Le regard des autres est pire que la faim. Il déchire les entrailles, arrache des larmes de sang. Il vous pousse à maudire le destin d'être né différent. On en finit par souhaiter de devenir invisible. Au plus profond d'eux-mêmes, la plupart des humains entretiennent la phobie de ce qui n'est pas eux. Lorsque vint le moment de nous séparer de nos étoiles, nous l'avons compris sans même nous parler."

"C'est ce jour précis que j'ai compris à quel point la souffrance des autres peut nous faire oublier la nôtre."

"A Auschwitz, mes enfants, il n'y a rien à comprendre. Tout ce qui est arrivé ne pourra jamais s'expliquer avec des mots. Tout cela a existé, c'est tout ce qu'il faut en retenir."


Une (des) image(s):



Peinture de Wladyslaw Siwek, 1946 

Musée d'Etat d'Auschwitz-Birkenau




mercredi 2 mars 2016

Un tourbillon de folie douce


Titre: En attendant Bojangles

Auteur: Olivier Bourdeaut

Edition: Finitude - Parution 7/01/2016
ISBN / EAN : 9782363390639


4eme de couverture

Sous le regard émerveillé de leur fils, ils dansent sur "Mr Bojangles" de Nina Simone. Leur amour est magique, vertigineux, une fête perpétuelle. Chez eux, il n'y a de place que pour le plaisir, la fantaisie et les amis.

Celle qui donne le ton, qui mène le bal, c'est la mère, feu follet imprévisible et extravagant. C'est elle qui a adopté le quatrième membre de la famille, Mlle Superfétatoire, un grand oiseaux exotique qui déambule dans l'appartement. C'est elle qui n'a de cesse de les entraîner dans un tourbillon de poésie et de chimères.

Un jour pourtant, elle va trop loin. Et père et fils feront tout pour éviter l’inéluctable, pour que la fête continue, coûte que coûte.

L'amour fou n'a jamais si bien porté son nom.

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Ma lecture:


Elle est belle, sa mère, belle et pleine de vie. Ses yeux verts pétillants et sombres, parfois. Elle leur fait vivre une vie hors du commun, une fête tous les jours. Elle les entraîne dans un tourbillon de folie douce, une idée de la vie qui ne doit être qu’émerveillement et surprise. 


Et un jour, leur univers s'effondre. Ils feront tout pour que la fête continue.




J'ai aimé :



Un rythme endiablé, ponctué par les rimes. Des personnages haut en couleur (Mlle Superfétatoire est surprenante), sous le regard émerveillé d'un petit garçon. Entrecoupé par les carnets de son père, qui raconte la genèse de cette folle histoire d'amour. Un lien indestructible qui unis cet homme et cette femme. Olivier Bourdeaut nous fait danser sur un air un peu triste de Nina Simone mais avec une gaieté non feinte, leur hymne à l'amour. Suivez le lien: 

Une histoire de la folie traitée avec délicatesse.


Un extrait ou deux...:

"Elle avait réussi à donner un sens à ma vie en la transformant en un bordel perpétuel. Sa trajectoire était claire, elle avait mille directions, des millions d'horizons, mon rôle consistait à faire suivre l'intendance en cadence, à lui donner les moyens de vivre ses démences et de ne se préoccuper de rien."


Une (des) image(s):