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mercredi 1 novembre 2017

Paradis tropical ? - Élastique nègre - Stephane Pair - Fleuve noir






Loin de l'image d’Épinal que l'on se fait, Stéphane Pair nous décrit une Guadeloupe, rude, violente, en prise avec les trafics de drogues - cocaïne, crack.
Le portrait des ghettos et des bidonvilles existants dans ces îles des Caraïbes. 
Dans un roman choral maîtrisé de bout en bout, nous plongeons tête la première dans l'univers des petites frappes et des grands trafiquants - ceux pour qui l'addiction des uns n'est qu'un moyen sûr de se faire de l'argent - sans états d'âmes.

"C'est ensuite que le roman a pris pour moi de la vitesse. Les autres, je sais pas, mais moi toute la merde que je pensais déjà transformée, expédiée en or sur un compte off shore s'est mise a peser grave dans le fond des mes Timberland timal' et je me suis mis à courir avec tout ce poids pour sauver ma vie. Mais, il faut le dire, je ne me savais pas encore tout à fait sur la corde à ce moment-là."


Pointe à Pitre - Samedi jour de marché - Rue piétonne


Ici l'auteur nous conte, au rythme des Gwo Ka une tranche de vie de la Guadeloupe, et la Guadeloupe elle même, un personnage à part entière, qui vit comme elle peut, loin de la métropole, oubliée de l'état. 


David Murray and the Gwo Ka Master 


Ici on se débrouille comme on peut pour sortir la tête de l'eau, avoir un semblant d'avenir. Chacun s'y prend à sa façon...Elle n'est pas toujours en règle mais permet de vivre.




4ème de couverture:



« Elle n’a pas senti mon amour se gâter à l’ombre grandissante de ma colère. Rien n’est venu et j’ai décidé ce soir de relâcher l’orage. »

Vieux-Bourg, Guadeloupe.
Sous la lune, le chasseur de crabes a vu progresser un groupe d’hommes dans la mangrove. C’est là, dans les entrailles mêlées de la terre et des eaux, qu’on retrouve le corps d’une femme blanche.
Qui était-elle ?
Les rêves du lieutenant-colonel Gardé sont pleins d’amantes à la peau lisse et noire comme celle des boas. Il mène l’enquête sur le cadavre du canal des Rotours, mais se heurte au mutisme et à la méfiance. En tête des suspects, le jeune dealer Vegeta, cerveau du réseau local, roi parmi les chiens, consumé par une douleur secrète.
Des squats de Pointe-à-Pitre au volcan endormi de Montserrat, de Key West à Sainte-Lucie, une immersion envoûtante dans un monde où la beauté animale n’a d’égale que la bestialité qui sommeille au fond des hommes.



Défi lecture 2017: Catégorie 32 
  Un livre publié cette année (défi 2015)

Sombre lumière - Les lucioles - Jan Thirion - Lajouanie





Tyrone a arrêté de grandir depuis la disparition de sa mère, il s'est enfermé dans une bulle. Sourd et muet au monde mais avec une vision assez claire de celui-ci.
Dans sa famille recomposée la vie est agréable et heureuse. 
Puis vient le temps des Lucioles...
Un nouveau parti qui promet le bonheur à chacun. Un engouement général se matérialise autour de ces Lucioles, les élections en est l'apogée. 
Après la fête arrive la douleur, le mépris, les désillusions.
A coup d'autodafé, d'enfermement, d'exclusion, la vie change du tout au tout dans la petite ville de Lanormale-les-Ponts, et dans tout le pays. Le cauchemar commence... 

Dans ce petit roman sous couvert de "fable" un message contre l’embrigadement, le totalitarisme vu par un enfant. Cette histoire nous rappelle les heures les plus sombres de l'histoire du XXème siècle, mais se termine sur une note d'espoir et de retour à la raison.

4ème de couverture:


Depuis la disparition de sa mère, Tyrone ne parle plus et semble ne plus entendre. Il a également arrêté de grandir. Il vit avec son père, sa belle-mère et ses frères et sœurs dans une petite ville tranquille jusqu’à l’arrivée des Lucioles, un nouveau parti politique. Les Lucioles séduisent, promettent des lendemains qui chantent, gagnent le cœur des gens, puis les élections. Vient alors le temps maudit des autodafés, de l’éloignement des vieux et des malades, de la séparation des familles, de la rééducation des jeunes, etc. Le garçon que son jeune âge protège momentanément, survit à cette dictature accompagné de son chien. Ce dernier lui est enlevé...


Jan Thirion signe ici un roman... d’actualité. Le parti qui prend le pouvoir — démocratiquement rappelons-le — fait inévitablement penser aux partis extrémistes, intégristes qui éclosent et séduisent un peu partout. Mais le propos de l’auteur ne s’arrête pas à cette dénonciation politique. Les Lucioles est aussi et surtout un roman d’apprentissage. Le héros découvre au long de ses aventures, une palette de sentiments, bons ou mauvais, qui font et sont la vie. La présence à ses côtés de son chien, puis son absence sont ainsi des moments d’une rare intensité.


La lecture de ce beau roman achevée, on est ému, bouleversé et... rassuré. Car tout ceci n’est qu’une histoire non ?


Défi lecture 2017, catégorie 28: Une dystopie

samedi 7 octobre 2017

Faîtes vos jeux ! - La chance du perdant - Christophe Guillaumot - Liana Levi







Renato le grand Kanak et Six son capitaine et ami sont  de retour, après une mise au placard par leur hiérarchie dans la section "courses et jeux". Leur équipe augmentée de recrues atypiques, va, suite à un suicide étrange, plonger dans le milieu des jeux clandestins. A essayer de faire tomber le "parrain" Toulousain vont-ils se brûler les ailes? 


Après la première enquête de ce duo dans Abattez les grands arbres, ici nous découvrons un peu plus l'âme de chacun. Avec "La chance du perdant" Christophe Guillaumot revient sur des personnages tout en nuance, laissant la part belle à l'intime. Un polar glissant vers l'Humain, ses qualités et ses défauts, ses doutes et ses convictions, entre lumière et obscurité.

Renato est un géant foncièrement honnête et avide de justice, mais attention à ne pas ne lui barrer pas le chemin, ou alors vous aurez droit à une "gifle amicale", en revanche si vous êtes dans ses petits papiers ne vous étonnez pas de l'entendre vous appeler à tout va "gros chameau".
Six, quant à lui glisse sur une pente bien plus sombre que ce que laissait présager le premier opus. Entre culpabilité et noirceur, voilà un protagoniste qui prend de l'épaisseur. 
Suivre à nouveau leurs aventures est réjouissant. Le twist de la fin est un pur régal.





dimanche 17 septembre 2017

Voodoo child - N'y descendez jamais - Fabrice Liégeois - Auto-édition







Venez vous installer dans le salon d'Aby, écoutez son histoire, comme si vous en étiez le réceptacle. Branchez le magnéto et ouvrez vos oreilles.
Etes-vous prêt à rencontrer Aby ? Cette chabine aux yeux clairs.
Son histoire n'est pas ordinaire, enfant des bayous, petite fille de prêtresse vaudou, fille du diable. 
Aby a grandit sous le règne de la terreur. Un père violent et destructeur, une mère effacée mais aimante, une fratrie nombreuse, exclusivement des filles. Et sa Jaja, amour de sa vie.





Entre Louisiane et New-York, le destin peu ordinaire de cette enfant devenue manchote, suite à un accident de la route, jusqu’à devenir reine de la 129ème rue, Harlem.
Dans un quotidien lourd et effrayant Aby va petit à petit renforcer son mental, puis la folie va s'insinuer insidieusement. 
De la difficulté à relater une histoire où la victime devient bourreau, sans jugement ni complaisance.
Ici Aby nous raconte son histoire, son point de vue, ici Aby s'adresse à vous lecteurs, sans faux semblants. 
Ici vous êtes le témoin de la survie. 
Ici vous êtes dans une cérémonie vaudou où la prêtresse vous guide.



Voilà vous y êtes, une vérité va vous être contée, effrayante, silencieuse, terrible, folle. 

Venez découvrir le conteur, Fabrice Liégeois, qui se cache derrière ces pages, il vous prend par la main à la découverte des secrets d'Aby, mais surtout N'y descendez jamais !


Défi lecture 2017, catégorie 17: Le premier livre d'un auteur.

vendredi 7 juillet 2017

Le mystère des artefacts - Le premier miracle - Gilles Legardinier - Flammarion





Vous connaissez Gilles Legardinier, pour ses comédies, ses feel good books avec chats en couverture. 
Sachez que ses deux premiers romans sont des thrillers, dont un que j'ai particulièrement apprécié, "Nous étions les hommes".
Cette fois l'auteur nous propose un roman à mi-chemin entre ses thrillers et ses comédies.
Rien ne prédisposait Ben Horwood à croiser la route de Karen Holt. Le premier est historien, la seconde est agent du gouvernement Britannique dans une cellule endormie. Mais cela est sans compter sur des vols étranges. 
Alors bien malgré lui Ben est entraîné sur la piste d'un voleur qui ne recule devant rien pour s'approprier d'anciens artefacts.
Mais à quoi peuvent-ils donc servir ? Quelle expérience plus que millénaire vaut l'acharnement de ce mystérieux voleur ?
Au fil des pages l'auteur nous dévoile un secret bien gardé. Jusqu'au postulat final qui m'a mise mal à l'aise de par sa crédibilité.


Entre alchimie, science, humour et une intrigue bien ficelée, j'ai suivi avec délice les aventures de Ben et Karen.
Un travail de recherche considérable a dû être nécessaire pour l'écriture de ce roman.

J'aime retrouver la plume de Gilles Legardinier, il y a de la chaleur dans ses mots, de l'humain dans ses phrases.



4eme de couverture


«- Cette femme m'a tiré dessus.
- Dans notre métier, tout le monde fait ça sans arrêt. Ne jugez pas Karen sur un malheureux coup de feu. Vous verrez, c'est une jeune femme remarquable.
- Qui êtes-vous?
- D'habitude, on est les gars payés à ne rien faire, mais depuis quelque temps on a énormément de travail. Dites-moi, croyez-vous au pouvoir des objets sacrés dont vous parlez dans votre thèse?
- Je traitais surtout des tyrans qui ont cherché à se les approprier. La science a rendu obsolètes beaucoup de théories ésotériques... Dommage, j'aimais bien l'idée que des pouvoirs inconnus restent à découvrir.
- Et si c'était le cas? Si certains pouvoirs se cachaient encore derrière les mystères que nos chercheurs n'arrivent toujours pas à percer? Et si un type assez riche ou une organisation assez puissante était en train de chercher à les réveiller?
- Sérieusement? Dans notre monde si matérialiste, coincé entre les soldes et des compétitions de dopés? Il faudrait qu'il soit sacrément illuminé...
- ...ou qu'il sache quelque chose que nous ignorons. Quelqu'un bouge ses pions dans l'ombre, pour une partie dont les enjeux vont vite nous dépasser. Dans nos métiers, il n'y a pas pire situation. Comme le disait le grand Winston, c'est le meilleur moyen de l'avoir dans l'os.»
Avec ce nouveau roman, Gilles Legardinier allie pour la première fois tous les talents qui ont fait de lui un exceptionnel auteur de best-sellers. Dans une aventure qui associe le suspense, I'humour, l'humanité et une intrigue fascinante, il nous entraîne aux confins des mystères de la science et de I'Histoire...


Défi lecture 2017, catégorie 63 : Un livre avec un soleil ou une lune sur la couverture.

samedi 3 juin 2017

Immersion en guerre civile - De cauchemar et de feu - Nicolas Lebel - Marabout






Ah Mehrlicht !! Petit homme grognon au visage de batracien et au savoir encyclopédique. Quel plaisir de te retrouver toi, ton équipe et ton sempiternel stagiaire (ici une jeune femme avec une vision quelque peu utopique de la maison Police). 


Dans ce 4ème opus Mehrlichtien, Nicolas Lebel nous propulse dans un passé pas si lointain, sur les terres d'Ulster. Une immersion en guerre civile et religieuse qui mît l'Irlande du Nord à feu et à sang pendant des décennies. Le 30 janvier 1972, le Bloody Sunday , fût l’événement qui marqua la lutte d'une communauté pour la liberté et les droits civiques (un pendant à la lutte des droits civiques aux Etats-Unis).



Entre passé à Derry et présent à Paris, nous assistons à la genèse d'un redoutable tueur, le Far Darrig ou Croquefeu, qui met l'équipe sur les nerfs. Une diatribe intelligente sur l'intégrisme religieux quel qu'il soit, une mise en garde contre le fanatisme.
Avec des touches d'humour, (les sonneries de téléphone savoureuses, les expressions françaises dans la bouche du flic British, Tullamore, référence au bon Whiskey irlandais ?), et une grande connaissance du sujet traité. 

Mais que vient faire le conflit Nord-Irlandais sur les terres de Mehrlicht ?
Que vient faire l'IRA dans le XIIe arrondissement de Paris ?
Qui sont ces hommes retrouvés morts dans des circonstances troublantes ? Qui est cet énigmatique Far Darrig ? 

Toute mon enfance j'ai vécu avec ce conflit aux portes de la France. Sans jamais vraiment m'en préoccuper. Bien sûr il s'invitait souvent à l'heure du repas aux journaux télévisés. Mais jamais je ne me suis immergé à ce point avec l'envie d'en connaitre les tenants et les aboutissants.



On retrouve aussi un Mehrlicht qui ose soulever un peu sa carapace afin de nous laisser entrevoir son humanité, cachée sous son caractère bourru.

Et un grand merci à Nicolas Lebel pour les tableaux cachés dans ses ouvrages 😉, j'adore jouer à deviner. Ainsi que pour l'ouverture de mon dictionnaire afin d'enrichir mon vocabulaire.




4ème de couverture:


Paris, jeudi 24 mars 2016 : à quelques jours du dimanche de Pâques, le cadavre d’un homme d’une soixantaine d’années est retrouvé dans un pub parisien, une balle dans chaque genou, une troisième dans le front.
À l’autopsie, on découvre sur son corps une fresque d’entrelacs celtiques et de slogans nationalistes nord-irlandais. Trois lettres barrent ses épaules : IRA.
Le capitaine Mehrlicht fait la grimace. Enquêter sur un groupe terroriste irlandais en plein état d’urgence ne va pas être une partie de plaisir. D’autant que ce conflit irlandais remonte un peu.

Dans ce quatrième opus, Nicolas Lebel nous entraîne sur la piste d’un un assassin pyromane, un monstre né dans les années 70 de la violence des affrontements en Irlande du Nord, qui sème incendie, chaos et mort dans son sillage, et revient aujourd’hui rallumer les feux de la discorde à travers la capitale.




Défi lecture 2017, catégorie 48 : Un livre d'un auteur né la même année que soi.


samedi 6 mai 2017

Pandémie - OutRage - Yves Tanguy - Goater Noir





Charlie est inquiet pour Sarah, son amoureuse. Le dernier jour d'école, elle est tombée dans le coma. Alors Charlie reste avec elle à l’hôpital, en espérant qu'elle se réveille. 

Pendant ce temps une épidémie se répand comme une traîné de poudre dans Paris.
Des hommes, des femmes et des enfants souffrent d'une forme de rage, dont les symptômes se développent en 24 heures.
Le père de Charlie est policier, et est réquisitionné pour combattre le fléau qui s'abat sur la ville.
Un médecin chef de service, qui se dévoue corps et âme pour ses patients.
Un chercheur, pas très clair, chargé par l'état de créer le vaccin contre ce virus.

Tous les personnages vont se retrouver coincés dans l’hôpital, pour servir un huis-clos éprouvant.

La question qui se pose a la fin du livre, est assez critique: jusqu'où vont les grandes entreprises pour imposer leur lobbying ?

Malgré des incohérences qui ont un peu gênés ma lecture, les passages où Charlie s'exprime sont drôles et tendres. 

"Papa il veut qu'on monte au septième étage, moi je suis d'accord mais les deux méchants refusent de monter tant qu'ils n'ont pas la munité. Moi, perso, la munité je ne sais pas ce que c'est."

"Le docteur qu'est vieux il est triste. Il est méchant et triste en fait. C'est comme si tout ce qui ne lui est pas encore arrivé le rendait triste à l'avance."



4ème de couverture:

Un môme de dix ans s'incruste à l’hôpital au chevet de son amoureuse plongée dans le coma. Une vague d'agressions barbares secoue Paris. Un virus se répand, semant la panique dans les quartiers. Isolés dans un CHU en quarantaine, un groupe de naufragés tente de survivre. Un état de panique. Des médias en roue libre. des malades dans les rues.



Défi lecture 2017, catégorie 23: Un livre dont un des personnages est un docteur (même un petit rôle)
   

mercredi 26 avril 2017

On n'est pas sérieux quand on a 17 ans - Je suis sa fille - Benoît Minville - Sarbacane







C'est l'histoire de Joan et son père.
C'est l'histoire de Joan et Hugo.
C'est l'histoire d'Hugo et Blanche.
C'est l'histoire de Joan et Blanche.
C'est l'histoire de Joan, Hugo et Blanche.
C'est l'histoire de Joan face à elle même.
C'est l'histoire d'un road trip sur la N7.
C'est l'histoire du grand capital.
C'est l'histoire des visages écrasés.
C'est l'histoire d'un grand cri de rage.

"Papa, je pars te venger, et je veux croire, pour me donner du courage ou légitimer mon choix, que TOUS les enfants qui aiment leurs parents comme je t'aime feraient de même. C'est pour ça que nous sommes là, non ? Pour que vous soyez fiers de nous et que nous réussissions là où vous avez échoué, enfin...là où vous vous êtes arrêtés. pour que nos rires vous rendent la vie moins pire qu'elle n'est, ou plus belle, ça dépend des jours. Merci du cadeau."

C'est l'histoire d'une amitié.
C'est l'histoire d'un amour filiale.
C'est l'histoire de valeurs transmises.
C'est l'histoire d'un peu de liberté.
C'est l'histoire de choix.
C'est l'histoire de limites.
C'est l'histoire de la vie.
C'est l'histoire de la mort.


"J'ai pas demandé à voir tes larmes séchées sur tes joues, ces crevasses dans ton être, causées par tout ça. Je n'ai pas demandé à pâtir de votre boulimie de temps, de votre appât du gain, quand moi je voulais goûter à la vie en toute simplicité. Et je n'arrive pas à conjurer les souffrances inutiles ; je n'accepte plus les gros titres désespérés. Et JE change les règles du jeu, pour qu'ON avance encore. Au prix fort. Un prix qu'ils ne pourront jamais mettre sur ma morale. Jamais.
Grâce à toi.
A toi Papa, que je retrouve dans ce songe et que je voudrais pleurer le plus tard possible, pour rire encore, pour me sentir petite fille encore et pour pouvoir éduquer un jour, aussi bien que toi, l'enfant qui fera de toi un grand-père et de moi une maman."

C'est une histoire que j'ai aimé, très fort.
C'est une histoire qui m'a fait vibrer.
C'est une histoire de Benoît Minville.
Et Benoît Minville a un truc incroyable pour raconter des histoires.


Défi lecture 2017, catégorie 12 : Un livre ado (young adult)

lundi 17 avril 2017

Requiem, 2ème round - Dieu pardonne lui pas ! - Stanislas Petrosky - Lajouanie





Requiem est de retour, il continue a chasser la "bête". Et la "bête" se cache partout. Nous voila sur les docks du Havre, dans une entreprise d'import qui a bien des choses à cacher. 
Toujours avec son punch et ses méthodes peu orthodoxes, Requiem va débarquer dans ce nid de vipères afin de mener à bien sa mission, son sacerdoce : l'exorcisme.

Stanislas Petrosky nous sert une nouvelle fois un petit roman fort agréable à lire, drôle - toujours dans la ligné de San Antonio et Michel Audiard. 


Je ne le dirai jamais assez rire et sourire lors d'une lecture est un plaisir sans mesure, et les notes de bas de pages y sont pour beaucoup dans mes éclats de rire.

Mais sous son air amusant, ce livre, comme le précédent (mon avis ici), touche à des sujets qui nous font - me font - bondir. L'auteur y dénonce des pratiques immondes.

Ne boudez pas votre plaisir, lisez Requiem !






vendredi 14 avril 2017

Neige et sueurs froides - Quand la neige danse - Sonja Delzongle - Denoël - Sueurs Froides







Après nous avoir entraînés dans la chaleur de l'Afrique à la recherche d'enfants albinos dans Dust, Sonja Delzongle nous mène dans l'hiver glaçant de la région de Chicago, pour retrouver 4 fillettes disparues.


Quel plaisir de retrouver Hannah Baxter, profileuse atypique avec des méthodes flirtant avec le paranormal. Dans cet opus, la profileuse prend plus d'épaisseur, on découvre un peu plus ses failles.
Mais Sonja n'en fait pas le point central du roman, non, elle laisse la place à l'intrigue, qui est le noyau de cette histoire.
La disparition d'enfants, sujet délicat, mené avec brio, sans jamais tomber dans le pathos.
L'auteure m'a menée par le bout du nez, avec une maîtrise incroyable, et je me suis laissée faire avec délice. J'ai pris des pistes, parfois alambiquées, qui me sont revenues en pleine face tel un boomerang.
A plusieurs reprises, je me suis exclamé "Oh la vache !". J'ai vécu avec les personnages la tension grandissante au fil de l'enquête.




                        

                       Debussy, Quand la neige danse.



4ème de couverture


Février 2014, au nord de Chicago. La neige et le blizzard semblent avoir pétrifié la petite ville de Crystal Lake. Un matin, le médecin Joe Lasko reçoit un paquet. Y repose une magnifique poupée aux cheveux longs et roux, sosie de sa fille Lieserl disparue depuis plusieurs semaines. Comble de l'horreur : la poupée est vêtue exactement comme Lieserl le jour où elle s'est volatilisée.
Ce n’est pas tout. Depuis un mois, quatre fillettes ont été enlevées, et chacune des familles va recevoir une poupée. Joe, jeune divorcé, décide de mener sa propre enquête, aidé par une détective privée dont il était secrètement amoureux des années plus tôt. Conscients que l'affaire les dépasse, tous deux appellent à l'aide Hanah Baxter, la célèbre profileuse, et son inséparable pendule. Quelque part dans Crystal Lake, depuis très longtemps, quelqu'un s'en prend aux enfants. Les détient-il prisonnières? Sont-elles encore en vie?


Défi lecture 2017, catégorie 16: Un livre qui se déroule dans une atmosphère froide.

vendredi 24 mars 2017

Vengeance - Lux - Maud Mayeras - Anne Carrière






C'est l'histoire de nos monstres intimes, reliques de notre enfance, façonnés par l'adolescence, ranimés par l'âge adulte.

Des premiers émois à la vengeance. Une vengeance ruminée pendant 20 ans. Que va trouver Antoine en revenant sur cette terre lointaine et écrasée de soleil et de pluie ?

Une vague gigantesque qui va tout emporter sur son passage.


"La vague, ils l'entendent encore ronronner. Elle vibre sous leurs pieds et tapisse leurs poumons, ils la respirent. Elle les a pénétrés tel un amant indocile et enveloppés comme une mère aimante. Elle est eux, et ils ne risquent plus rien. Elle ne leur fera plus de mal."


Avant d'attaquer ce livre je ne savais pas trop à quoi m'attendre tant j'avais entendu qu'il était bien différent des précédents. Une petite appréhension m'étreignait tant j'avais peur d'être déçue. Mais c'était sans compter sur le talent de Maud Mayeras, et oui cette jeune auteure, avec 3 romans à son actif, est douée. J'aime son univers sombre, très sombre, et, malgré tout, elle arrive avec délicatesse à insuffler de la poésie dans cette noirceur, à mettre de la lumière dans les ténèbres.

Étonnante Maud Mayeras !





4ème de couverture




C’est l’histoire d’un retour, d’une sentence et d’une vague qui monte à l’horizon.

2016. Antoine Harelde débarque à Ceduna, dans les terres arides du sud de l’Australie.

Vingt ans auparavant, il a passé un été dans cette petite ville perdue et, en l’espace de trois mois qui l’ont vu quitter l’adolescence, il a connu la joie, l’amitié, l’amour et l’horreur.

Aujourd’hui il est un homme. Il n’a pas oublié, il n’a rien pardonné.

Mais la justice prend d’étranges et inquiétantes couleurs à la lumière de l’apocalypse.

Ballade meurtrière sur fond de fin des temps, Lux est le roman de la confirmation d’une jeune auteure au sommet de son art.


Défi lecture 2017 : Catégorie 8 --> 
Un livre qui raconte l'histoire d'une vengeance 



Intégration - Sweet sixteen - Annelise Heurtier - Casterman poche





1954 la cours suprême des Etats-Unis proclame la ségrégation dans les écoles comme anticonstitutionnelle. 
1957 Little Rock, 9 élèves noirs - surnommés les 9 de Little Rock - tentent l'intégration dans un lycée pour blancs.

Annelise Heurtier nous raconte leur histoire et leur combat.



La force de ce roman est de nous faire vivre cette année d'intégration de l'intérieur. Nous avons tous en mémoires les images vues de ces 9 lycéens entrant au Lycée, escortés par des militaires afin que l'ordre soit respecté.


Nous allons suivre particulièrement une de ces élève, Molly, et ressentir avec elle la cruauté et l'injustice subies par ces enfants - parce que oui, c'étaient des enfants. 
Envoyer en première ligne ces enfants était d'une violence inouïe, dans un climat d'hostilité à son paroxysme, mais certainement nécessaire afin de faire progresser le mouvement des Droits Civiques. 



"Avec le temps, elle avait pensé que, au lycée, la situation s'améliorerait, mais au contraire, elle avait l'impression que chaque jour était pire que le précédent. L'intégration avait légalement été entérinée, leur sécurité était quasiment assurée par la présence des soldats, mais ce n'est pas pour autant que les Blancs avaient abandonné. Ils avaient simplement changé leur fusil d'épaule."

De l'autre coté de la barrière, se trouvent les blancs qui leur font subir les pires humiliations. Et dans cette folie collective, une petite lumière, celle de Grace.

"Depuis que ça lui était arrivé, elle était convaincu qu'ils avaient eu raison, et que leur combat était juste. Ce qu'elle avait vécu démontrait justement à quel point la situation était grave. Elle avait été passée à tabac parce qu'elle avait...parlé à des gens qui n'avait pas la même couleur de peau."


Un livre à lire sans modération, à faire lire à vos enfants (dès 12 ans).


Défi lecture 2017 : Catégorie 40 -->
Un livre de ma Wish List (liste d'envie) (défi 2016)

dimanche 19 mars 2017

Effroi - Je suis encore là - Olivier Norek - Sang Froid N° 5 - Printemps 2017


Je suis encore là

Olivier Norek

Illustration: Ludivine Stock

Sang froid N° 5 - Printemps 2017


Chronique à quatre mains



Sam


Se lancer dans l'exercice de la nouvelle est, sans aucun doute, un exercice difficile. Savoir accrocher le lecteur avec des personnages forts, une histoire qui tient la route en quelques pages, une ambiance, cela n'est pas donné à tout le monde. Je ne suis pas une grande lectrice de nouvelle, j'ai toujours le sentiment de rester sur ma faim après lecture, je suis souvent frustrée car il n'y a pas la place à plus de développements dans ce format.

Dans cette nouvelle, Olivier Norek, a su dès le départ me happer dans l'histoire.

J'ai intégré la peau et l'esprit de Pedro Alonso Lopez, le monstre des Andes, pour mon plus grand effroi. La fin est carrément flippante !




Alors oui, je ne suis pas très objective, parce que je kiffe grave le style Norek ! 
Mais écrire une nouvelle est périlleux, et avec un talent fou Olivier s'en sort haut la main.


Danièle Lanoë


Si se lancer dans l'écriture de nouvelles est difficile, en chroniquer l'est tout autant. Il n'est pas question ici pour moi d'en dévoiler l'histoire et le dénouement, et je n'ai rien à ajouter au texte de Samantha, qui écrit 100 fois mieux que moi. Ce que je souhaite simplement c'est que le plus de personnes possible lisent la nouvelle d'Olivier (fort bien illustrée d'ailleurs) et qu'elles se rendent compte, si ce n'est déjà fait, de l'étendue de son talent.

dimanche 12 mars 2017

Le cureton se rebiffe - Je m'appelle Requiem et je t'... - Stanislas Petrosky - Lajouanie








Etre curé et s'appeler Esteban Lahydeux, c'est pas très classe, alors il se fait appeler Requiem, et là tout de suite ça vous pose le personnage ! 
Requiem, faut pas trop le chauffer sinon c'est une volée de bois vert qui vous est servie. Alors quand une môme qui gagne sa vie pas très catholiquement vient à confesse et lui parle du message troublant qu'elle à reçu, ni une ni deux notre chevalier en soutane enfourche son fier destrier (une Ford Mustang du feu de Dieu) et part à la castagne.
Stanislas Petrosky vous emmène à la chasse aux démons. 



Pour ne pas trop froisser le patron, il gère son ministère avec bienveillance et assiduité.




Pour qui a grandit sur un air d'Audiard et Frédéric Dard, Requiem est un hommage à ces deux amoureux des mots gouailleurs, imagés, argotiques. 

Les réflexions truculentes, m'ont souvent fait rire.

Mais pas que...l'auteur vous donne à réfléchir sur les turpitudes de l'être humain, dans notre monde actuel plutôt bien malade. 

"Il y a des choses que j'ai du mal à comprendre, à assimiler...comment peut-on jouir dans la torture, comment peut-on prendre son pied en infligeant la douleur."

"Comment l'homme peut il être aussi vil, aussi sadique, aussi déshumanisé ?"


                           



Défi lecture 2017 : Catégorie 55 --> 
Un roman préfacé par quelqu'un d'autre que l'auteur

jeudi 9 février 2017

Akhänguetnö et sa bande - Samuel Sutra


Akhänguetnö et sa bande

 Samuel Sutra 

Editions Flamant Noir





Ah Tonton ! Mais quel numéro cet Aimé Duçon ! Avec sa bande de malfrats un peu bancale. Oui bancale.

" Il y avait tout d'abord Pierre, neveu de Gérard, élevé au rang de truand par népotisme appuyé davantage que par des talents affichés. Pierre était à l'équipe ce qu'un tournevis cruciforme est au clou, ou ce que la pompe à vélo est au Zodiac : un recours que l'on n'envisage pas avant d'avoir épuisé toutes les autres solutions, même les plus absurdes. Par un atavisme pervers et croisé, Pierre avait hérité de son oncle la même connerie brevetable, le même regard de bête à cornes et la même capacité d'éclairage qu'un psychanalyste mort."

 Mais tout de même il ne faut pas pousser Tonton dans les orties, alors quand une nuit il est réveillé par des bruits dans son jardin, son sang ne fait qu'un tour, et le voila parti à la recherche du cadavre volé.
Oui son jardin sert de cimetière aux nombreux corps de ses ennemis. Mais là, le cadavre est bien particulier.

Avec ses acolytes, ils vont partir sur la trace du tombeau du Pharaon Akhänguetnö, de la momie et du trésor qu'il contient. 


Après moult péripéties, et beaucoup de destructions, enfin le "Graal" est retrouvé.



Avec humour, des touches d'Audiard et San Antonio, des dialogues truculents, Samuel Sutra nous diverti avec classe. Une lecture très agréable, qui nous sort des polars classiques.

Les regards de travers lorsque je me marrais toute seule dans les transports en commun, ça n'a pas de prix ! Rien que pour ça merci Samuel ! 


4ème de couverture


Il y a deux mille cinq cents ans, la vallée d'Uroch voyait s'éteindre l'un des plus puissants pharaons de l'Histoire. Reposant dans son tombeau, accompagné de la montagne d'or ayant fait sa légende, le grand Akhänguetnö était prêt pour cette éternité qui s'offrait à lui, bien décidé à se la couler peinard. Deux mille cinq cents ans plus tard, sur les hauteurs de Saint-Maur, un autre grand homme s'apprêtait à passer une nuit tranquille. Tonton, baron de premier rang et truand légendaire, dormait de ce sommeil léger propre aux grands esprits, lui aussi bien décidé à se la couler peinard. Mais quel est le rapport entre ces deux histoires ? Attends, j'y arrive.Avant cette fameuse nuit, Tonton n'avait jamais entendu parler d'Akhänguetnö. Mais il a décidé de se mettre sacrément à niveau et de devenir incollable sur l'Égypte et son folklore. Tout ça pour répondre à la plus mystérieuse question de tous les temps : comment peut-on se retrouver avec un pharaon dans son jardin ? Si tu lis cette aventure, toi aussi tu deviendras incollable, je te le garantis !


Défi lecture 2017, catégorie 62: un livre dont le titre est drôle.

mardi 31 janvier 2017

Sang froid - La position des tireurs couchés - Nils Barrellon

La Position des tireurs couchés

Nils Barrellon

Editions Fleur Sauvage




Ma lecture


Zlatan Gubic, que ses collègues surnoment Ibra, est THP, tireur de haute précision. Il a la maîtrise de son mental, la maîtrise de son corps. Le sang froid indispensable à ce métier de haute volé.
Tout ça il l'a apprit lors du conflit qui a déchiré son pays, la Bosnie-Herzégovine. De sniper il est devenu THP.


"Il a peur de la douleur mais il n'a pas peur de la mort.
Cette vieille copine qui s'est tenue à ses cotés si longtemps. Une main froide posée sur son épaule. Zlatan a eu le temps de l'apprivoiser et il n'en a plus peur. A-t-on peur de ce qu'on connait ?"



Lorsqu'un meurtre, puis une avalanche de morts sur sa route, le font basculer dans l'enfer.


Avec adresse, l'auteur va nous emmener sur une piste, plus que probable, la vengeance. Jusqu'aux derniers chapitres, où le retournement de situation va nous laisser pantois. 

Un texte précis, documenté (sur la profession de THP, la guerre de Bosnie-Herzégovine), mâtiné de petites touches d'humour disséminées ça et là.

 " - Comment t'as su?
    - Le reflet.
    - Le reflet ? Quel reflet ?
    - Celui sur le bureau.
  - Pour voir les corps ? J'te parle pas de ça ! Comment t'as su qu'il essayait de se faire la malle au milieu des otages ? Qu'il avait refilé un flingue déchargé au grand ?
     - Je l'ai lu.
     - Tu l'as lu ? Tu déconnes ! Où ?
     - Sur son visage.
    Breck le regarde.
     - Et quand tu me regardes ? Tu vois quoi ?
     - Monsieur Propre. "


Ma première incursion dans l'univers de Nils Barrellon est une réussite. J'ai beaucoup aimé cette lecture.
Une mention spéciale aux éditions Fleur Sauvage, qui font un travail remarquable quant à leur couvertures, qui me titillent l’œil a chaque fois.


4ème de couverture


S'appeler Zlatan, attendre et viser juste
Tirer pour tuer
Rentrer chez soi
Mais surtout...
Faire gaffe sur la route !

Avec son écriture privilégiant l'efficacité, "La position des tireurs couchés" rend hommage à Jean-Patrick Manchette tout en nous offrant un thriller documenté, au rythme soutenu et au suspens haletant.


Défi lecture 2017, catégorie 1 : un livre de votre maison d'édition favorite.





samedi 21 janvier 2017

Portraits de campagne - Rural noir - Benoît Minville


Rural noir
Benoît Minville

Editions Gallimard
Collection Série noire




Ma lecture


Romain, Vlad, Chris et Julie font couler l'été au coeur de la Nièvre, ils ont 12-14 ans et ils forment le gang. Entre baignades dans la rivière et virées dans la campagne, ils vivent leur présent au rythme d'AC/DC.

"- On fait quoi demain, les mecs ? demande Julie.
- Vélo, baignade, pêche, on s'en fout, on fait ce qu'on veut, l'été est à nous, scande Vlad.
Tout ce qu'il fait déjà quand il ne va pas en cours. En plus de jouer les caïds contre d'autres bandes.
- Profiter ! reprend-il. Si Rom veut mettre sa langue dans la grosse bouche de ma cousine, qu'il se fasse plaisir. Si on veut faire des siestes jusqu'au soir adossés à des bottes de paille, on le fera. Je vous le dis, le gang : on est libres.

Je grimace. Julie éclate de rire. Chris est ailleurs.

Il a raison : c'est maintenant qu'on va vivre. Ensemble."

Quand un événement dramatique foudroie leur quotidien tout devient plus flou.
Entre passé et présent Benoît Minville nous accompagne dans les parcours de ces 4 amis, à la vie à la mort. Les souvenirs viennent étayer les faits du présent, ou comment ce qui advient se dessina durant l'adolescence. 
Avec du recul, l'auteur nous parle de l'ennui et de la vacuité d'une adolescence passée à la campagne. Dans le présent, nous sommes confrontés à la désertion des zones rurales, à l'oubli de nos campagnes par les autorités. Un roman sociétal, où l'humain prime sur l'intrigue, parce que avant tout dans ces lignes sont mis en avant les liens du coeur.





4ème de couverture


Ados, Romain, Vlad, Julie et Christophe étaient inséparables, ils foulaient leur cambrousse dans l'insouciance.

Tout a changé cet été-là. Un drame, la fin de l'innocence.

Après dix ans d'absence, Romain revient dans sa Nièvre désertée, chamboulée par la crise, et découvre les différents chemins empruntés par ses amis.
Oscillant entre souvenirs de jeunesse tendres ou douloureux et plongée nerveuse dans une réalité sombre, Rural noir est la peinture d'une certaine campagne française. Un roman noir à la fois cruel et violent, mais aussi tendre et lumineux ; évoquant la culpabilité, l'amitié et la famille.
Dans la tradition du country noir américain, territoirs ruraux et laissés-pour-compte côtoient ceux dont on parle peu au milieu d'une nature «préservée» – ou en friche.



Défi lecture 2017, catégorie 69: un livre lu pour un autre défi.




dimanche 8 janvier 2017

Une petite douceur - A Mélie, sans mélo - Barbara Constantine



A Mélie, sans mélo

Barbara Constantine

Editions Le Livre de Poche



Ma lecture


Mélie attend sa petite fille Clara pour l'été, c'est la première fois que Clara va passer 2 mois complets avec sa grand-mère. Alors Mélie a décidé de fabriquer de merveilleux souvenirs à sa petite Clara. Fi des résultats d'analyses qui ne sont pas flamboyants, surtout ne pas se préoccuper de ces choses triviales.


"Après le déjeuner, c'est Mélie qui décide du programme.
Hier, par exemple, elles ont passé plusieurs heures à regarder pousser les bambous. Mélie dit que s'ils grandissent de quinze à vingt centimètre par jour, on devrait pouvoir les voir pousser. Elles se sont installées dans des fauteuils, avec de quoi manger, boire, et écouter de la musique. Elles ont écouté La Traviata en entier. Mélie adore la Callas. Pour regarder pousser les bambous, c'est pas mal l'opéra...Il y a juste que, des fois, pour mieux écouter, on ferme les yeux. Et là, c'est possible que ce soit pile le moment où il se passe des choses..."


Comme à son habitude Barbara Constantine nous raconte des tranches de vie. Elle réussit à assembler des faits pas forcément joyeux pour en faire une petite douceur, un vrai feel good book. On se retrouve dans nos étés d’antan quand l'insouciance était le maître mot de nos longues journées estivales. Les baignades dans les rivières, manger les figues sur l'arbre...Enfin toutes ces petites choses qui, misent bout à bout font des souvenirs impérissables.



4ème de couverture



Mélie, soixante-douze ans, vit seule à la campagne. Sa petite-fille, Clara, vient pour la première fois passer toutes les vacances d’été chez elle. La veille de son arrivée, Mélie apprend qu’elle a un problème de santé… Elle verra ça plus tard. La priorité, c’est sa Clarinette chérie !

Mélie, le mélo, c’est pas son truc. Elle va passer l’été (le dernier ?) à fabriquer des souvenirs à Clara. Des rigolos. Comme regarder pousser les bambous en écoutant La Traviata, chanter sous la pluie des chansons de Nougaro, goûter les mauvaises herbes qui poussent le long des chemins. Il y a aussi… le vieux Marcel, qui va apprendre à Clara à faire de la mécanique, Fanette, sa mère, qui va lui trouver un beau-père, Bello, son parrain, qui va agrandir sa bande de filleuls musiciens. Et puis, comme la vie est vraiment dingue des fois, il y a Mélie qui va enfin rencontrer le grand amour… Cent cinquante ans à eux deux ? Mais quand on aime, on ne compte pas !

Défi lecture 2017, catégorie 18 : un livre qui parle de personnes agées.