samedi 29 juillet 2017

American dream - Le gang des rêves - Luca Di Fulvio



Le gang des rêves
Luca Di Fulvio

Editions Pocket




"C'est un monde dont on ne sort jamais. Un monde sans portes ni fenêtres, pensait Christmas. Mais moi, je m'en irai !"




Qui es-tu Christmas Luminita ?

Un enfant grandit entre une mère prostitué et son mac Sal. Les petites frappes du ghetto italien, les figures de gangsters qui ont une réputation à défendre.

Un enfant solaire, habité par une détermination hors du commun. 

Le petit prince du Lower East Side.


De l'arrivée de la mère aux Etats-Unis dans les années 1910 à l’ascension du fils durant les années 1920. La prohibition, les guerres de gangsters, l’opposition entre les bandes Italiennes, Juives, les noirs toujours relégués par tous à des moins que rien. 

Nous sommes à New-York !!

La ville de tous les possibles. 

Le rêve américain. 

De la réussite fulgurante à la chute non moins fulgurante.

La lutte des gamins des ghettos pour survivre.

La rencontre de l'amour par une soirée sordide, une promesse faite à une jeune fille, un amour fou et inconditionnel.

Tout ça cristallisé en Christmas Luminita.

Tout commence par un viol à Aspromonte, Italie, au début du XXème siècle. Sa mère Cetta ne peut échapper à l'ami de son patron, elle n'a que 13 ans.

Naîtra Natale, rebaptisé Christmas par les autorités américaines.
Avec son bâtard, elle quitte l'Italie et part pour le rêve américain. La traversé est rude mais Cetta est déterminée à arriver. 
Ils sont nombreux en ce début de siècle à espérer mieux, ils se bousculent à l'entrée. Ellis Island voit débarquer par millier ces migrants. Beaucoup d'appelés et peu d'élus.

Alors voilà, aujourd'hui je suis tombée amoureuse de Christmas Luminita, un personnage animé par une flamme d'une grande ardeur.

C'est la deuxième fois.

La première c'était il y une vingtaine d'années, le prince Muichkine, L'idiot de Dostoïevski.

Tous deux sont des personnages solaires et attachants. 


Un roman de 943 pages, réjouissant, très noir et extrêmement lumineux et porteur d'espoir.

Un roman cinématographique, chaque scène est visuelle. On se retrouve dans un film de Martin Scorsese.


Un énorme coup de coeur !

4ème de couverture:

New York ! En ces tumultueuses années 1920, pour des milliers d’Européens, la ville est synonyme de « rêve américain ». C’est le cas pour Cetta Luminata, une Italienne qui, du haut de son jeune âge, compte bien se tailler une place au soleil avec Christmas, son fils. Dans une cité en plein essor où la radio débute à peine et le cinéma se met à parler, Christmas grandit entre gangs adverses, violence et pauvreté, avec ses rêves et sa gouaille comme planche de salut. L’espoir d’une nouvelle existence s’esquisse lorsqu’il rencontre la belle et riche Ruth. Et si, à ses côtés, Christmas trouvait la liberté, et dans ses bras, l’amour ?


Défi lecture 2017, catégorie 65 : un livre qui ne va dans aucune autre catégorie (sauf celle-là)






samedi 22 juillet 2017

Sombre lumière - Les lucioles - Jan Thirion



Les lucioles
Jan Thirion

Edition Lajouanie



Tyrone a arrêté de grandir depuis la disparition de sa mère, il s'est enfermé dans une bulle. Sourd et muet au monde mais avec une vision assez claire de celui-ci.
Dans sa famille recomposée la vie est agréable et heureuse. 
Puis vient le temps des Lucioles...
Un nouveau parti qui promet le bonheur à chacun. Un engouement général se matérialise autour de ces Lucioles, les élections en est l'apogée. 
Après la fête arrive la douleur, le mépris, les désillusions.
A coup d'autodafé, d'enfermement, d'exclusion, la vie change du tout au tout dans la petite ville de Lanormale-les-Ponts, et dans tout le pays. Le cauchemar commence... 

Dans ce petit roman sous couvert de "fable" un message contre l’embrigadement, le totalitarisme vu par un enfant. Cette histoire nous rappelle les heures les plus sombres de l'histoire du XXème siècle, mais se termine sur une note d'espoir et de retour à la raison.

4ème de couverture:


Depuis la disparition de sa mère, Tyrone ne parle plus et semble ne plus entendre. Il a également arrêté de grandir. Il vit avec son père, sa belle-mère et ses frères et sœurs dans une petite ville tranquille jusqu’à l’arrivée des Lucioles, un nouveau parti politique. Les Lucioles séduisent, promettent des lendemains qui chantent, gagnent le cœur des gens, puis les élections. Vient alors le temps maudit des autodafés, de l’éloignement des vieux et des malades, de la séparation des familles, de la rééducation des jeunes, etc. Le garçon que son jeune âge protège momentanément, survit à cette dictature accompagné de son chien. Ce dernier lui est enlevé...


Jan Thirion signe ici un roman... d’actualité. Le parti qui prend le pouvoir — démocratiquement rappelons-le — fait inévitablement penser aux partis extrémistes, intégristes qui éclosent et séduisent un peu partout. Mais le propos de l’auteur ne s’arrête pas à cette dénonciation politique. Les Lucioles est aussi et surtout un roman d’apprentissage. Le héros découvre au long de ses aventures, une palette de sentiments, bons ou mauvais, qui font et sont la vie. La présence à ses côtés de son chien, puis son absence sont ainsi des moments d’une rare intensité.


La lecture de ce beau roman achevée, on est ému, bouleversé et... rassuré. Car tout ceci n’est qu’une histoire non ?


Défi lecture 2017, catégorie 28: Une dystopie

vendredi 7 juillet 2017

Le mystère des artefacts - Le premier miracle - Gilles Legardinier


Le premier miracle
Gilles Legardinier

Editions Flammarion




Vous connaissez Gilles Legardinier, pour ses comédies, ses feel good books avec chats en couverture. 
Sachez que ses deux premiers romans sont des thrillers, dont un que j'ai particulièrement apprécié, "Nous étions les hommes".
Cette fois l'auteur nous propose un roman à mi-chemin entre ses thrillers et ses comédies.
Rien ne prédisposait Ben Horwood à croiser la route de Karen Holt. Le premier est historien, la seconde est agent du gouvernement Britannique dans une cellule endormie. Mais cela est sans compter sur des vols étranges. 
Alors bien malgré lui Ben est entraîné sur la piste d'un voleur qui ne recule devant rien pour s'approprier d'anciens artefacts.
Mais à quoi peuvent-ils donc servir ? Quelle expérience plus que millénaire vaut l'acharnement de ce mystérieux voleur ?
Au fil des pages l'auteur nous dévoile un secret bien gardé. Jusqu'au postulat final qui m'a mise mal à l'aise de par sa crédibilité.


Entre alchimie, science, humour et une intrigue bien ficelée, j'ai suivi avec délice les aventures de Ben et Karen.
Un travail de recherche considérable a dû être nécessaire pour l'écriture de ce roman.

J'aime retrouver la plume de Gilles Legardinier, il y a de la chaleur dans ses mots, de l'humain dans ses phrases.



4eme de couverture


«- Cette femme m'a tiré dessus.
- Dans notre métier, tout le monde fait ça sans arrêt. Ne jugez pas Karen sur un malheureux coup de feu. Vous verrez, c'est une jeune femme remarquable.
- Qui êtes-vous?
- D'habitude, on est les gars payés à ne rien faire, mais depuis quelque temps on a énormément de travail. Dites-moi, croyez-vous au pouvoir des objets sacrés dont vous parlez dans votre thèse?
- Je traitais surtout des tyrans qui ont cherché à se les approprier. La science a rendu obsolètes beaucoup de théories ésotériques... Dommage, j'aimais bien l'idée que des pouvoirs inconnus restent à découvrir.
- Et si c'était le cas? Si certains pouvoirs se cachaient encore derrière les mystères que nos chercheurs n'arrivent toujours pas à percer? Et si un type assez riche ou une organisation assez puissante était en train de chercher à les réveiller?
- Sérieusement? Dans notre monde si matérialiste, coincé entre les soldes et des compétitions de dopés? Il faudrait qu'il soit sacrément illuminé...
- ...ou qu'il sache quelque chose que nous ignorons. Quelqu'un bouge ses pions dans l'ombre, pour une partie dont les enjeux vont vite nous dépasser. Dans nos métiers, il n'y a pas pire situation. Comme le disait le grand Winston, c'est le meilleur moyen de l'avoir dans l'os.»
Avec ce nouveau roman, Gilles Legardinier allie pour la première fois tous les talents qui ont fait de lui un exceptionnel auteur de best-sellers. Dans une aventure qui associe le suspense, I'humour, l'humanité et une intrigue fascinante, il nous entraîne aux confins des mystères de la science et de I'Histoire...


Défi lecture 2017, catégorie 63 : Un livre avec un soleil ou une lune sur la couverture.

samedi 3 juin 2017

Immersion en guerre civile - De cauchemar et de feu - Nicolas Lebel


De cauchemar et de feu
Nicolas Lebel

Editions Marabout




Ah Mehrlicht !! Petit homme grognon au visage de batracien et au savoir encyclopédique. Quel plaisir de te retrouver toi, ton équipe et ton sempiternel stagiaire (ici une jeune femme avec une vision quelque peu utopique de la maison Police). 


Dans ce 4ème opus Mehrlichtien, Nicolas Lebel nous propulse dans un passé pas si lointain, sur les terres d'Ulster. Une immersion en guerre civile et religieuse qui mît l'Irlande du Nord à feu et à sang pendant des décennies. Le 30 janvier 1972, le Bloody Sunday , fût l’événement qui marqua la lutte d'une communauté pour la liberté et les droits civiques (un pendant à la lutte des droits civiques aux Etats-Unis).



Entre passé à Derry et présent à Paris, nous assistons à la genèse d'un redoutable tueur, le Far Darrig ou Croquefeu, qui met l'équipe sur les nerfs. Une diatribe intelligente sur l'intégrisme religieux quel qu'il soit, une mise en garde contre le fanatisme.
Avec des touches d'humour, (les sonneries de téléphone savoureuses, les expressions françaises dans la bouche du flic British, Tullamore, référence au bon Whiskey irlandais ?), et une grande connaissance du sujet traité. 

Mais que vient faire le conflit Nord-Irlandais sur les terres de Mehrlicht ?
Que vient faire l'IRA dans le XIIe arrondissement de Paris ?
Qui sont ces hommes retrouvés morts dans des circonstances troublantes ? Qui est cet énigmatique Far Darrig ? 

Toute mon enfance j'ai vécu avec ce conflit aux portes de la France. Sans jamais vraiment m'en préoccuper. Bien sûr il s'invitait souvent à l'heure du repas aux journaux télévisés. Mais jamais je ne me suis immergé à ce point avec l'envie d'en connaitre les tenants et les aboutissants.



On retrouve aussi un Mehrlicht qui ose soulever un peu sa carapace afin de nous laisser entrevoir son humanité, cachée sous son caractère bourru.

Et un grand merci à Nicolas Lebel pour les tableaux cachés dans ses ouvrages 😉, j'adore jouer à deviner. Ainsi que pour l'ouverture de mon dictionnaire afin d'enrichir mon vocabulaire.




4ème de couverture:


Paris, jeudi 24 mars 2016 : à quelques jours du dimanche de Pâques, le cadavre d’un homme d’une soixantaine d’années est retrouvé dans un pub parisien, une balle dans chaque genou, une troisième dans le front.
À l’autopsie, on découvre sur son corps une fresque d’entrelacs celtiques et de slogans nationalistes nord-irlandais. Trois lettres barrent ses épaules : IRA.
Le capitaine Mehrlicht fait la grimace. Enquêter sur un groupe terroriste irlandais en plein état d’urgence ne va pas être une partie de plaisir. D’autant que ce conflit irlandais remonte un peu.

Dans ce quatrième opus, Nicolas Lebel nous entraîne sur la piste d’un un assassin pyromane, un monstre né dans les années 70 de la violence des affrontements en Irlande du Nord, qui sème incendie, chaos et mort dans son sillage, et revient aujourd’hui rallumer les feux de la discorde à travers la capitale.




Défi lecture 2017, catégorie 48 : Un livre d'un auteur né la même année que soi.


samedi 6 mai 2017

Pandémie - OutRage - Yves Tanguy



OutRage
Yves Tanguy

Editions Goater Noir



Charlie est inquiet pour Sarah, son amoureuse. Le dernier jour d'école, elle est tombée dans le coma. Alors Charlie reste avec elle à l’hôpital, en espérant qu'elle se réveille. 

Pendant ce temps une épidémie se répand comme une traîné de poudre dans Paris.
Des hommes, des femmes et des enfants souffrent d'une forme de rage, dont les symptômes se développent en 24 heures.
Le père de Charlie est policier, et est réquisitionné pour combattre le fléau qui s'abat sur la ville.
Un médecin chef de service, qui se dévoue corps et âme pour ses patients.
Un chercheur, pas très clair, chargé par l'état de créer le vaccin contre ce virus.

Tous les personnages vont se retrouver coincés dans l’hôpital, pour servir un huis-clos éprouvant.

La question qui se pose a la fin du livre, est assez critique: jusqu'où vont les grandes entreprises pour imposer leur lobbying ?

Malgré des incohérences qui ont un peu gênés ma lecture, les passages où Charlie s'exprime sont drôles et tendres. 

"Papa il veut qu'on monte au septième étage, moi je suis d'accord mais les deux méchants refusent de monter tant qu'ils n'ont pas la munité. Moi, perso, la munité je ne sais pas ce que c'est."

"Le docteur qu'est vieux il est triste. Il est méchant et triste en fait. C'est comme si tout ce qui ne lui est pas encore arrivé le rendait triste à l'avance."



4ème de couverture:

Un môme de dix ans s'incruste à l’hôpital au chevet de son amoureuse plongée dans le coma. Une vague d'agressions barbares secoue Paris. Un virus se répand, semant la panique dans les quartiers. Isolés dans un CHU en quarantaine, un groupe de naufragés tente de survivre. Un état de panique. Des médias en roue libre. des malades dans les rues.



Défi lecture 2017, catégorie 23: Un livre dont un des personnages est un docteur (même un petit rôle)
   

mercredi 26 avril 2017

On n'est pas sérieux quand on a 17 ans - Je suis sa fille - Benoît Minville


Je suis sa fille
Benoît Minville

Editions Sarbacane





C'est l'histoire de Joan et son père.
C'est l'histoire de Joan et Hugo.
C'est l'histoire d'Hugo et Blanche.
C'est l'histoire de Joan et Blanche.
C'est l'histoire de Joan, Hugo et Blanche.
C'est l'histoire de Joan face à elle même.
C'est l'histoire d'un road trip sur la N7.
C'est l'histoire du grand capital.
C'est l'histoire des visages écrasés.
C'est l'histoire d'un grand cri de rage.

"Papa, je pars te venger, et je veux croire, pour me donner du courage ou légitimer mon choix, que TOUS les enfants qui aiment leurs parents comme je t'aime feraient de même. C'est pour ça que nous sommes là, non ? Pour que vous soyez fiers de nous et que nous réussissions là où vous avez échoué, enfin...là où vous vous êtes arrêtés. pour que nos rires vous rendent la vie moins pire qu'elle n'est, ou plus belle, ça dépend des jours. Merci du cadeau."

C'est l'histoire d'une amitié.
C'est l'histoire d'un amour filiale.
C'est l'histoire de valeurs transmises.
C'est l'histoire d'un peu de liberté.
C'est l'histoire de choix.
C'est l'histoire de limites.
C'est l'histoire de la vie.
C'est l'histoire de la mort.


"J'ai pas demandé à voir tes larmes séchées sur tes joues, ces crevasses dans ton être, causées par tout ça. Je n'ai pas demandé à pâtir de votre boulimie de temps, de votre appât du gain, quand moi je voulais goûter à la vie en toute simplicité. Et je n'arrive pas à conjurer les souffrances inutiles ; je n'accepte plus les gros titres désespérés. Et JE change les règles du jeu, pour qu'ON avance encore. Au prix fort. Un prix qu'ils ne pourront jamais mettre sur ma morale. Jamais.
Grâce à toi.
A toi Papa, que je retrouve dans ce songe et que je voudrais pleurer le plus tard possible, pour rire encore, pour me sentir petite fille encore et pour pouvoir éduquer un jour, aussi bien que toi, l'enfant qui fera de toi un grand-père et de moi une maman."

C'est une histoire que j'ai aimé, très fort.
C'est une histoire qui m'a fait vibrer.
C'est une histoire de Benoît Minville.
Et Benoît Minville a un truc incroyable pour raconter des histoires.


Défi lecture 2017, catégorie 12 : Un livre ado (young adult)

lundi 17 avril 2017

Requiem, 2ème round - Dieu pardonne lui pas ! - Stanislas Petrosky


Dieu pardonne lui pas
Stanislas Petrosky

Editions Lajouanie




Requiem est de retour, il continue a chasser la "bête". Et la "bête" se cache partout. Nous voila sur les docks du Havre, dans une entreprise d'import qui a bien des choses à cacher. 
Toujours avec son punch et ses méthodes peu orthodoxes, Requiem va débarquer dans ce nid de vipères afin de mener à bien sa mission, son sacerdoce : l'exorcisme.

Stanislas Petrosky nous sert une nouvelle fois un petit roman fort agréable à lire, drôle - toujours dans la ligné de San Antonio et Michel Audiard. 


Je ne le dirai jamais assez rire et sourire lors d'une lecture est un plaisir sans mesure, et les notes de bas de pages y sont pour beaucoup dans mes éclats de rire.

Mais sous son air amusant, ce livre, comme le précédent (mon avis ici), touche à des sujets qui nous font - me font - bondir. L'auteur y dénonce des pratiques immondes.

Ne boudez pas votre plaisir, lisez Requiem !






dimanche 16 avril 2017

La culture en danger


La culture en danger







Nous sommes sollicités très souvent pour différentes actions en faveur de plein de bonnes causes.

Mais une librairie qui ferme et des maisons d’éditions qui mettent la clef sous la porte c'est un peu plus la mort de l’accès à la culture, des échanges avec des passionnés, de la découverte de pépites littéraires.
Alors oui je viens à mon tour vous solliciter afin d'aider 3 acteurs du monde du livre, ceux-ci sont en danger et à notre niveau et avec nos moyens nous pouvons aider - même un simple partage pour être vu du plus grand nombre.


Tout d'abord la librairie de Cogolin, qui est aujourd'hui la seule encore ouverte entre Sainte Maxime et Saint Tropez. Aidons-les à souffler leurs 17 bougies, pour cela suivez ce lien :




Vous pouvez également vous rendre sur la page Facebook de René Manzor où vous découvrirez tout ce qui a déjà été mis en oeuvre pour venir en aide à cette librairie.

Ensuite penchons-nous sur la maison d'édition Fleur Sauvage.


Aujourd'hui en grande difficulté financière, une cagnotte Ulule a vue le jour, je vous en ai déjà parlé par ici.

Et enfin les Editions Caïman, elles aussi en grande difficulté, une cagnotte à également vu le jour, vous la trouverez .


Voici un petit bout de l'histoire de cette maison d'édition:


"Créées en 2010, les Editions du Caïman publient du "polar" et de la littérature jeunesse. Après un départ plus que prometteur, un catalogue s'étoffant, une reconnaissance du public et de la chaîne du livre, plusieurs prix littéraires, nous pensions surfer sur la bonne vague, réfléchissions à une création d'emploi... Bref, nous rêvions un peu !
Normal, me direz-vous, pour un éditeur de polar. Oui, mais bon, quand même...
En pleine rentrée littéraire 2015, notre principal partenaire, notre distributeur (la société qui place les livres en librairie et gère les ventes) a été placé en redressement judiciaire. De ce fait, nous n'avons pu toucher les résultats des ventes d'une bonne partie de l'année (Certificat d'irrecouvrabilité de 5 277 euros) et nous avons dû repartir de zéro, avec une nouvelle société de distribution qui a mis plusieurs mois à maîtriser notre catalogue et à retisser les liens avec des libraires. Nous estimons le manque à gagner durant cette période à 4 500 euros.
Une première opération de Crowdfunding, lancée par les auteurs afin de ne pas fermer la maison d'édition, a permis de recueillir une somme de 2000 euros, auprès de lecteurs, d'auteurs et de membres de la chaîne du livre, en fin d'année 2015.
Même si nous ne perdions "que" 5700 + 4500 - 2000 = 8200 euros sur cette période, grâce à vous tous, nous avons pu "sauver le Caïman" dans l'urgence. A l'aide de cette somme, de restrictions budgétaires drastiques... et de la patience des auteurs au sujet du versement de leurs droits d'auteurs (toujours pas versés pour certains) nous avons pu payer nos charges et nos fournisseurs."

Je vous rappelle que plus les lieux de culture disparaîtront, moins nous aurons la chance de nous émerveiller, de nous enrichir l'esprit.





vendredi 14 avril 2017

Neige et sueurs froides - Quand la neige danse - Sonja Delzongle



Quand la neige danse
Sonja Delzongle

Editions Denoël - Sueurs Froides




Après nous avoir entraînés dans la chaleur de l'Afrique à la recherche d'enfants albinos dans Dust, Sonja Delzongle nous mène dans l'hiver glaçant de la région de Chicago, pour retrouver 4 fillettes disparues.


Quel plaisir de retrouver Hannah Baxter, profileuse atypique avec des méthodes flirtant avec le paranormal. Dans cet opus, la profileuse prend plus d'épaisseur, on découvre un peu plus ses failles.
Mais Sonja n'en fait pas le point central du roman, non, elle laisse la place à l'intrigue, qui est le noyau de cette histoire.
La disparition d'enfants, sujet délicat, mené avec brio, sans jamais tomber dans le pathos.
L'auteure m'a menée par le bout du nez, avec une maîtrise incroyable, et je me suis laissée faire avec délice. J'ai pris des pistes, parfois alambiquées, qui me sont revenues en pleine face tel un boomerang.
A plusieurs reprises, je me suis exclamé "Oh la vache !". J'ai vécu avec les personnages la tension grandissante au fil de l'enquête.




                        

                       Debussy, Quand la neige danse.



4ème de couverture


Février 2014, au nord de Chicago. La neige et le blizzard semblent avoir pétrifié la petite ville de Crystal Lake. Un matin, le médecin Joe Lasko reçoit un paquet. Y repose une magnifique poupée aux cheveux longs et roux, sosie de sa fille Lieserl disparue depuis plusieurs semaines. Comble de l'horreur : la poupée est vêtue exactement comme Lieserl le jour où elle s'est volatilisée.
Ce n’est pas tout. Depuis un mois, quatre fillettes ont été enlevées, et chacune des familles va recevoir une poupée. Joe, jeune divorcé, décide de mener sa propre enquête, aidé par une détective privée dont il était secrètement amoureux des années plus tôt. Conscients que l'affaire les dépasse, tous deux appellent à l'aide Hanah Baxter, la célèbre profileuse, et son inséparable pendule. Quelque part dans Crystal Lake, depuis très longtemps, quelqu'un s'en prend aux enfants. Les détient-il prisonnières? Sont-elles encore en vie?


Défi lecture 2017, catégorie 16: Un livre qui se déroule dans une atmosphère froide.

dimanche 9 avril 2017

Fleur Sauvage - Une maison d'édition à soutenir





Aujourd'hui je viens vous parler d'une maison d'édition qui me tient à coeur, pour diverses raisons, mais principalement pour la qualité et la diversité des textes publiés, et le travail graphique époustouflant sur les couvertures.



Fleur sauvage - Catalogue
Aconitum - Catalogue


En juillet 2012, naissance des éditions Fleur sauvage, créées par  David Lecomte.

Aujourd'hui Fleur Sauvage et Aconitum sont en difficultés, cela dû a un distributeur qui fait faillite fin 2015, et la reprise de la distribution par deux gros groupes, pénalisées cette fois par un flot important de retours et des exigences contractuelles si peu avantageuses pour les maisons d'éditions qu'elles ont mené à un fort endettement.


Pour en savoir plus sur cette maison d'édition et son créateur David Lecomte, je vous invite à suivre ce lien vers le blog de Lau Lo.

Évadez moi




Je sais que nous sommes sollicités de toute part, mais si vous ne pouvez pas participer à la cagnotte, ne vous privez pas de partager cet article, plus il sera vu et lu, plus nous aurons de chance de sauver une maison d'édition de qualité.



Aujourd'hui nous sommes à 24% du premier palier, pour le prix d'un livre de poche vous pouvez faire d'un petit ruisseau une grande rivière.
Pour le soutien de Fleur Sauvage et Aconitum, voici le lien:

Vous pouvez également nous rejoindre sur le groupe Facebook.



jeudi 30 mars 2017

Paradis tropical ? - Élastique nègre - Stephane Pair

Elastique nègreStéphane Pair

Editions Fleuve noir





Loin de l'image d’Épinal que l'on se fait, Stéphane Pair nous décrit une Guadeloupe, rude, violente, en prise avec les trafics de drogues - cocaïne, crack.
Le portrait des ghettos et des bidonvilles existants dans ces îles des Caraïbes. 
Dans un roman choral maîtrisé de bout en bout, nous plongeons tête la première dans l'univers des petites frappes et des grands trafiquants - ceux pour qui l'addiction des uns n'est qu'un moyen sûr de se faire de l'argent - sans états d'âmes.

"C'est ensuite que le roman a pris pour moi de la vitesse. Les autres, je sais pas, mais moi toute la merde que je pensais déjà transformée, expédiée en or sur un compte off shore s'est mise a peser grave dans le fond des mes Timberland timal' et je me suis mis à courir avec tout ce poids pour sauver ma vie. Mais, il faut le dire, je ne me savais pas encore tout à fait sur la corde à ce moment-là."


Pointe à Pitre - Samedi jour de marché - Rue piétonne


Ici l'auteur nous conte, au rythme des Gwo Ka une tranche de vie de la Guadeloupe, et la Guadeloupe elle même, un personnage à part entière, qui vit comme elle peut, loin de la métropole, oubliée de l'état. 


David Murray and the Gwo Ka Master 


Ici on se débrouille comme on peut pour sortir la tête de l'eau, avoir un semblant d'avenir. Chacun s'y prend à sa façon...Elle n'est pas toujours en règle mais permet de vivre.




4ème de couverture:



« Elle n’a pas senti mon amour se gâter à l’ombre grandissante de ma colère. Rien n’est venu et j’ai décidé ce soir de relâcher l’orage. »

Vieux-Bourg, Guadeloupe.
Sous la lune, le chasseur de crabes a vu progresser un groupe d’hommes dans la mangrove. C’est là, dans les entrailles mêlées de la terre et des eaux, qu’on retrouve le corps d’une femme blanche.
Qui était-elle ?
Les rêves du lieutenant-colonel Gardé sont pleins d’amantes à la peau lisse et noire comme celle des boas. Il mène l’enquête sur le cadavre du canal des Rotours, mais se heurte au mutisme et à la méfiance. En tête des suspects, le jeune dealer Vegeta, cerveau du réseau local, roi parmi les chiens, consumé par une douleur secrète.
Des squats de Pointe-à-Pitre au volcan endormi de Montserrat, de Key West à Sainte-Lucie, une immersion envoûtante dans un monde où la beauté animale n’a d’égale que la bestialité qui sommeille au fond des hommes.



Défi lecture 2017: Catégorie 32 
  Un livre publié cette année (défi 2015)

vendredi 24 mars 2017

Vengeance - Lux - Maud Mayeras

Lux
Maud Mayeras

Editions Anne Carrière





C'est l'histoire de nos monstres intimes, reliques de notre enfance, façonnés par l'adolescence, ranimés par l'âge adulte.

Des premiers émois à la vengeance. Une vengeance ruminée pendant 20 ans. Que va trouver Antoine en revenant sur cette terre lointaine et écrasée de soleil et de pluie ?

Une vague gigantesque qui va tout emporter sur son passage.


"La vague, ils l'entendent encore ronronner. Elle vibre sous leurs pieds et tapisse leurs poumons, ils la respirent. Elle les a pénétrés tel un amant indocile et enveloppés comme une mère aimante. Elle est eux, et ils ne risquent plus rien. Elle ne leur fera plus de mal."


Avant d'attaquer ce livre je ne savais pas trop à quoi m'attendre tant j'avais entendu qu'il était bien différent des précédents. Une petite appréhension m'étreignait tant j'avais peur d'être déçue. Mais c'était sans compter sur le talent de Maud Mayeras, et oui cette jeune auteure, avec 3 romans à son actif, est douée. J'aime son univers sombre, très sombre, et, malgré tout, elle arrive avec délicatesse à insuffler de la poésie dans cette noirceur, à mettre de la lumière dans les ténèbres.

Étonnante Maud Mayeras !





4ème de couverture




C’est l’histoire d’un retour, d’une sentence et d’une vague qui monte à l’horizon.

2016. Antoine Harelde débarque à Ceduna, dans les terres arides du sud de l’Australie.

Vingt ans auparavant, il a passé un été dans cette petite ville perdue et, en l’espace de trois mois qui l’ont vu quitter l’adolescence, il a connu la joie, l’amitié, l’amour et l’horreur.

Aujourd’hui il est un homme. Il n’a pas oublié, il n’a rien pardonné.

Mais la justice prend d’étranges et inquiétantes couleurs à la lumière de l’apocalypse.

Ballade meurtrière sur fond de fin des temps, Lux est le roman de la confirmation d’une jeune auteure au sommet de son art.


Défi lecture 2017 : Catégorie 8 --> 
Un livre qui raconte l'histoire d'une vengeance 



Intégration - Sweet sixteen - Annelise Heurtier


Sweet sixteenAnnelie Heurtier

Editions Casterman poche



1954 la cours suprême des Etats-Unis proclame la ségrégation dans les écoles comme anticonstitutionnelle. 
1957 Little Rock, 9 élèves noirs - surnommés les 9 de Little Rock - tentent l'intégration dans un lycée pour blancs.

Annelise Heurtier nous raconte leur histoire et leur combat.



La force de ce roman est de nous faire vivre cette année d'intégration de l'intérieur. Nous avons tous en mémoires les images vues de ces 9 lycéens entrant au Lycée, escortés par des militaires afin que l'ordre soit respecté.


Nous allons suivre particulièrement une de ces élève, Molly, et ressentir avec elle la cruauté et l'injustice subies par ces enfants - parce que oui, c'étaient des enfants. 
Envoyer en première ligne ces enfants était d'une violence inouïe, dans un climat d'hostilité à son paroxysme, mais certainement nécessaire afin de faire progresser le mouvement des Droits Civiques. 



"Avec le temps, elle avait pensé que, au lycée, la situation s'améliorerait, mais au contraire, elle avait l'impression que chaque jour était pire que le précédent. L'intégration avait légalement été entérinée, leur sécurité était quasiment assurée par la présence des soldats, mais ce n'est pas pour autant que les Blancs avaient abandonné. Ils avaient simplement changé leur fusil d'épaule."

De l'autre coté de la barrière, se trouvent les blancs qui leur font subir les pires humiliations. Et dans cette folie collective, une petite lumière, celle de Grace.

"Depuis que ça lui était arrivé, elle était convaincu qu'ils avaient eu raison, et que leur combat était juste. Ce qu'elle avait vécu démontrait justement à quel point la situation était grave. Elle avait été passée à tabac parce qu'elle avait...parlé à des gens qui n'avait pas la même couleur de peau."


Un livre à lire sans modération, à faire lire à vos enfants (dès 12 ans).


Défi lecture 2017 : Catégorie 40 -->
Un livre de ma Wish List (liste d'envie) (défi 2016)

dimanche 19 mars 2017

Effroi - Je suis encore là - Olivier Norek - Sang Froid N° 5 - Printemps 2017


Je suis encore là

Olivier Norek

Illustration: Ludivine Stock

Sang froid N° 5 - Printemps 2017


Chronique à quatre mains



Sam


Se lancer dans l'exercice de la nouvelle est, sans aucun doute, un exercice difficile. Savoir accrocher le lecteur avec des personnages forts, une histoire qui tient la route en quelques pages, une ambiance, cela n'est pas donné à tout le monde. Je ne suis pas une grande lectrice de nouvelle, j'ai toujours le sentiment de rester sur ma faim après lecture, je suis souvent frustrée car il n'y a pas la place à plus de développements dans ce format.

Dans cette nouvelle, Olivier Norek, a su dès le départ me happer dans l'histoire.

J'ai intégré la peau et l'esprit de Pedro Alonso Lopez, le monstre des Andes, pour mon plus grand effroi. La fin est carrément flippante !




Alors oui, je ne suis pas très objective, parce que je kiffe grave le style Norek ! 
Mais écrire une nouvelle est périlleux, et avec un talent fou Olivier s'en sort haut la main.


Danièle Lanoë


Si se lancer dans l'écriture de nouvelles est difficile, en chroniquer l'est tout autant. Il n'est pas question ici pour moi d'en dévoiler l'histoire et le dénouement, et je n'ai rien à ajouter au texte de Samantha, qui écrit 100 fois mieux que moi. Ce que je souhaite simplement c'est que le plus de personnes possible lisent la nouvelle d'Olivier (fort bien illustrée d'ailleurs) et qu'elles se rendent compte, si ce n'est déjà fait, de l'étendue de son talent.

dimanche 12 mars 2017

Le cureton se rebiffe - Je m'appelle Requiem et je t'... - Stanislas Petrosky


Je m'appelle Requiem et je t'...
Stanislas Petrosky

Editions Lajouanie






Etre curé et s'appeler Esteban Lahydeux, c'est pas très classe, alors il se fait appeler Requiem, et là tout de suite ça vous pose le personnage ! 
Requiem, faut pas trop le chauffer sinon c'est une volée de bois vert qui vous est servie. Alors quand une môme qui gagne sa vie pas très catholiquement vient à confesse et lui parle du message troublant qu'elle à reçu, ni une ni deux notre chevalier en soutane enfourche son fier destrier (une Ford Mustang du feu de Dieu) et part à la castagne.
Stanislas Petrosky vous emmène à la chasse aux démons. 



Pour ne pas trop froisser le patron, il gère son ministère avec bienveillance et assiduité.



Pour qui a grandit sur un air d'Audiard et Frédéric Dard, Requiem est un hommage à ces deux amoureux des mots gouailleurs, imagés, argotiques. 

Les réflexions truculentes, m'ont souvent fait rire.

Mais pas que...l'auteur vous donne à réfléchir sur les turpitudes de l'être humain, dans notre monde actuel plutôt bien malade. 

"Il y a des choses que j'ai du mal à comprendre, à assimiler...comment peut-on jouir dans la torture, comment peut-on prendre son pied en infligeant la douleur."

"Comment l'homme peut il être aussi vil, aussi sadique, aussi déshumanisé ?"


                           



Défi lecture 2017 : Catégorie 55 --> 
Un roman préfacé par quelqu'un d'autre que l'auteur

mardi 7 mars 2017

Concours des 1 an - Résultat






Bonjour à tous, avec un peu de retard voici donc le résultat du concours organisé pour le 1er anniversaire de mon blog.



And the winner is :


Camille Collin

Qui a choisi dans la liste des coups de cœurs  de ce blog : Journal d'un vampire en pyjama de Mathias Malzieu.

Bravo à toi Camille ! Le livre part au plus vite.


Merci à tous les participants, ce fût un plaisir de vous lire.


A bientôt pour un nouveau concours.




samedi 4 mars 2017

Nouvelle N° 26 - En haut du poulailler - Trophée Anonym'us 2017


Créé par

 Anne Denost et Eric Maravelias


Et voici la dernière nouvelle, N° 26.



En haut du poulailler

Avant ce jour-là, je n’avais jamais vu les choses sous cet angle.
J’allais au boulot sans me poser de questions, parce que les questions ne m’aidaient pas. Elles restaient sans réponse.
J’en arrivais toujours à la même conclusion : t’as qu’à fermer ta gueule. Qu’est-ce que tu peux y faire ? Les choses sont ainsi faites : t’es un ouvrier, tu trimes, tu gagnes des clopinettes, c’est normal. T’avais qu’à bien naître ou bosser à l’école. Les patrons, les ingénieurs, les architectes… Ils gagnent quatre, cinq, six fois plus que toi, c’est dans l’ordre des choses. Les révolutions n’y ont rien changé. Les révolutions n’apportent pas plus de justice, elles tuent les petits. Toujours. On remplace les gros par d’autres gros, mais les petits restent en bas. Alors, baisse la tête et continue à travailler comme une brute sans te mettre des idées dans la tête.

Et puis, un jour… C’est con, parfois, la vie. Ça tient à rien. J’étais là-haut, j’écoutais une émission à la radio et ça parlait de poules. Oui, de poules ! Un journaliste ou un scientifique expliquait que pour repérer le coq dans la basse-cour, il suffit de chercher celui qui est le plus haut perché… Sur le toit du poulailler, sur le dernier barreau d’une échelle, au somment d’un tas de paille… Le mâle dominant est systématiquement au-dessus des autres. C’est pareil pour les singes dans les arbres, pour les oiseaux… C’est pareil pour l’Homme ! D’ailleurs, un des mecs qui parlaient à la radio, un professeur ou un truc comme ça, a expliqué que toutes les civilisations ont cherché à bâtir vers le haut. Il a donné l’exemple des temples mayas, des pyramides égyptiennes. Et puis il a parlé du Machu quelque chose chez les Incas, et des cathédrales du Moyen-âge, de la tour Eiffel, des gratte-ciels à New York… Aujourd’hui, ça continue aux Émirats Arabes avec ces tours qui atteignent le kilomètre. L’Homme a toujours fait ça. Pour voir plus loin, pour éviter les prédateurs, pour se mettre à l’abri des inondations et des feux de forêt, mais aussi et surtout pour affirmer sa domination sur les autres. C’est ce que ce professeur disait : le seigneur a toujours été au sommet des édifices construits par l’Homme, on n’y a jamais mis les gueux.

Le jour où j’ai entendu cette émission à la radio, il y a eu un déclic dans ma tête. J’ai compris pourquoi je m’étais toujours senti bien dans ma cabine, en haut de ma grue.
Je pensais que c’était physique comme bien-être, parce que grimper peut procurer le même plaisir que se laisser flotter entre deux eaux à la mer ou dans une piscine… On échappe à la pesanteur, à son propre corps ; on se sent vraiment plus léger.
Ce jour-là, j’ai réalisé que c’était autre chose qui se passait chaque fois que je gravissais cette échelle : je m’élevais au-dessus des autres. Le mâle dominant du chantier, c’était moi. 
Je me suis dit « Putain, mais alors, t’es un seigneur ! »

À partir de ce moment, je n’ai plus supporté de courber l’échine. Je me suis détesté de l’avoir fait pendant toutes ces années. J’ai détesté mon père de l’avoir fait avant moi, et de m’avoir inculqué cet asservissement, sans jamais m’expliquer qu’en fait, je pouvais être un seigneur moi aussi. Que j’étais un seigneur.

J’avoue que ça m’a tourné la tête. J’ai commencé à envisager ma grue non plus comme un engin de chantier, mais comme le symbole de mon aristocratie, l’outil qui me permettait d’exercer mon pouvoir.

J’ai continué à écouter cette station de radio qui m’apprenait des tas de choses sur ce que nous sommes, sur la façon dont notre société est organisée et dont nous reproduisons des schémas prédéfinis.
Plus j’apprenais, plus je me libérais, plus je devenais fort. Je développais un sentiment d’invulnérabilité. Parfois, je me levais de mon siège, j’ouvrais les fenêtres de la cabine et je me mettais à crier, bras et jambes écartés… Des trucs du genre « Je suis le roi du monde » ou « Je vous emmerde tous ».
Au début, je faisais en sorte que personne ne puisse m’entendre ou me voir, parce que même si je suis loin de tout, là-haut, en gueulant fort, on peut m’entendre d’en bas.
Et puis, j’ai commencé à m’en foutre de savoir ce qu’on pensait de moi.
Ça faisait marrer mes collègues, les premiers temps. Ceux qui me connaissaient croyaient que je faisais ça pour épater la galerie. Ils me chambraient gentiment. Mais je les envoyais se faire foutre. Je leur interdisais de m’adresser la parole désormais. Pour qui se prenaient-ils ? Savaient-ils à qui ils avaient affaire ? Est-ce ainsi qu’on parle à un seigneur ?
Ils n’y ont pas cru, ils ont continué à s’amuser de moi.
Puis je me suis arrangé pour ne plus les croiser au vestiaire. J’arrivais de plus en plus tôt sur le chantier, bien avant eux, avant même les ingénieurs, et je repartais après tout le monde. Grutier, c’est une fonction à part sur un chantier, on peut faire ce que bon nous semble en quelque sorte ; on ne dépend pas des autres. Il suffit qu’on fasse bien son boulot sans rien casser, sans blesser personne. On n’a pas des comptes à rendre en permanence à un petit chef.
À la fin, je ne mangeais plus avec eux, je restais là-haut, je ne répondais même plus quand on m’appelait au talkie-walkie, sauf si ça avait à voir avec le chantier évidemment. Quoique, parfois…

Mes collègues ont cessé de sourire en parlant de moi. Petit à petit, ils ont pris conscience que je ne plaisantais pas, que je n’étais pas comme eux, que je n’étais plus comme eux.
Mes anciens copains ont essayé de me parler, de me demander ce qui se passait, si j’avais des problèmes… Comme si c’était moi le problème, comme si j’étais celui qui n’allait pas ! Ils avaient vraiment de la merde dans les yeux ! À croire qu’ils le faisaient exprès.
On s’est engueulé, ils ont dit que j’étais devenu « un sacré connard », ils m’ont mis en garde contre moi-même. Les ignares. C’est tout ce qu’ils ont trouvé. Si ça leur plaisait de continuer à se comporter comme des cloportes, grand bien leur fasse ! Moi, je valais mieux que ça, mieux qu’eux en tout cas.

Ils ont commencé à dire que j’étais fou. À la radio, toujours sur cette même chaîne, c’est ce qu’ils expliquaient au sujet des foules : depuis toujours on fait passer les visionnaires pour des déments ou des sorciers. On les brûle. Quand tu veux te débarrasser de ton chien, tu n’as qu’à dire qu’il a la rage.
Ils ont prétendu que j’étais dangereux. Question de sécurité. On ne confie pas une grue à un malade des nerfs. Ça peut mal finir.
La suite des événements était prévisible. J’aurais dû me méfier et mieux dissimuler mon jeu, m’efforcer de passer inaperçu… Mais ce n’est pas ce que je recherchais.

Ils en ont parlé au chef de chantier, qui en a parlé à l’ingénieur, qui en a parlé au patron.
C’est ainsi qu’ils procèdent, ces croupions assujettis. L’un d’eux se rebelle, et au lieu de le soutenir, d’en tirer une leçon et de suivre son exemple, ils le dénoncent et lui jettent la pierre. Je leur renvoyais trop l’image de leur propre impuissance, de leur lâcheté. C’est pour cette raison qu’ils ont voulu me faire taire.

Aujourd’hui, finalement, je suis dans mon rôle. Chacun à sa place, c’est mieux ainsi : moi en haut, eux en bas. Je les domine pendant qu’ils s’agitent pour trouver un moyen de me faire descendre.
Après avoir essayé de me déloger par la ruse, ils vont tenter par la force. Ils n’ont aucun autre argument.
Les flics ne me font pas peur. Ils ont laissé une compagnie de CRS en stationnement à l’entrée du chantier. Ils ont également posté des hommes sur les toits avoisinants. Je les vois distinctement.
Quand j’ai commencé à me servir de la benne à béton comme bélier pour défoncer les immeubles autour du chantier, ils ont rapidement coupé l’alimentation de la grue, et donc du chauffage de la cabine.
J’ai froid maintenant, j’aurais dû faire cela à un autre moment de l’année.
Malgré tout, j’ai eu le temps d’écraser quelques grosses voitures, notamment celles de l’ingénieur et du patron qui étaient venus parlementer avec moi, ainsi que l’énorme 4X4 de l’architecte.
C’était gratuit comme geste, mais ça m’a fait du bien.

Ce que je regrette, c’est de ne pas avoir prévu assez de stocks de nourriture et d’eau pour tenir plusieurs jours… Ils m’auront à l’usure, c’est certain.
Pour l’instant, vu que je me tiens tranquille, ils ne bougent pas. Ils ont probablement reçu l’ordre de ne pas me provoquer. Le temps joue pour eux.

C’est bête que ça finisse si vite. J’aurais dû en profiter pour faire… Je ne sais pas, il y a tant de possibilités qui s’offraient à moi… Une action d’éclat ! Je n’aurais rien eu contre l’idée de redresser quelques torts avant de faire une sortie triomphale.

France 3 est là, ils ont planté leurs caméras au pied de la grue dès qu’ils ont appris qu’un forcené s’y était replié et refusait d’en descendre. J’aurais pu tirer avantage de leur présence. Avec un peu de chance et en tenant une semaine ou deux, les médias nationaux se seraient emparés de l’affaire.
J’aurais dû mieux calculer mon coup ! Comme d’habitude, je me suis fié à mon instinct et j’ai foncé sans aucune préparation. C’est dommage.

Il aurait fallu que j’aie des revendications. Mais lesquelles ? Je n’ai pas les mots. Et puis, je n’y connais rien en politique, on ne m’a jamais appris à réfléchir à tout ça.

Ils vont m’envoyer en taule. Mais pour quelqu’un qui, comme moi, a été habitué à observer le monde depuis un sommet, la vie va paraître bien fade, sans vue.
Sans parler de l’humiliation au moment où ils vont m’arrêter et me juger !
Un seigneur assiégé se laisse-t-il prendre vivant quand son bastion est sur le point de tomber aux mains de l’ennemi ?
Il faudrait que je trouve un moyen de mourir les armes à la main. Le problème, c’est que j’ai jeté tous les outils que j’avais sur la tête des flics.

Je ne vois qu’un moyen de leur infliger une dernière perte : leur balancer le dernier poids mort qui me reste.

J’attendrai le petit jour pour voir une dernière fois le soleil se lever sur mon royaume, et pour que France 3 puisse filmer ma chute. La lumière sera alors parfaite. Leurs caméras pourront témoigner que, jusqu’au bout, mon visage n’aura pas tremblé et j’aurai gardé un rictus plein de mépris.