vendredi 24 mars 2017

Vengeance - Lux - Maud Mayeras - Anne Carrière






C'est l'histoire de nos monstres intimes, reliques de notre enfance, façonnés par l'adolescence, ranimés par l'âge adulte.

Des premiers émois à la vengeance. Une vengeance ruminée pendant 20 ans. Que va trouver Antoine en revenant sur cette terre lointaine et écrasée de soleil et de pluie ?

Une vague gigantesque qui va tout emporter sur son passage.


"La vague, ils l'entendent encore ronronner. Elle vibre sous leurs pieds et tapisse leurs poumons, ils la respirent. Elle les a pénétrés tel un amant indocile et enveloppés comme une mère aimante. Elle est eux, et ils ne risquent plus rien. Elle ne leur fera plus de mal."


Avant d'attaquer ce livre je ne savais pas trop à quoi m'attendre tant j'avais entendu qu'il était bien différent des précédents. Une petite appréhension m'étreignait tant j'avais peur d'être déçue. Mais c'était sans compter sur le talent de Maud Mayeras, et oui cette jeune auteure, avec 3 romans à son actif, est douée. J'aime son univers sombre, très sombre, et, malgré tout, elle arrive avec délicatesse à insuffler de la poésie dans cette noirceur, à mettre de la lumière dans les ténèbres.

Étonnante Maud Mayeras !





4ème de couverture




C’est l’histoire d’un retour, d’une sentence et d’une vague qui monte à l’horizon.

2016. Antoine Harelde débarque à Ceduna, dans les terres arides du sud de l’Australie.

Vingt ans auparavant, il a passé un été dans cette petite ville perdue et, en l’espace de trois mois qui l’ont vu quitter l’adolescence, il a connu la joie, l’amitié, l’amour et l’horreur.

Aujourd’hui il est un homme. Il n’a pas oublié, il n’a rien pardonné.

Mais la justice prend d’étranges et inquiétantes couleurs à la lumière de l’apocalypse.

Ballade meurtrière sur fond de fin des temps, Lux est le roman de la confirmation d’une jeune auteure au sommet de son art.


Défi lecture 2017 : Catégorie 8 --> 
Un livre qui raconte l'histoire d'une vengeance 



Intégration - Sweet sixteen - Annelise Heurtier - Casterman poche





1954 la cours suprême des Etats-Unis proclame la ségrégation dans les écoles comme anticonstitutionnelle. 
1957 Little Rock, 9 élèves noirs - surnommés les 9 de Little Rock - tentent l'intégration dans un lycée pour blancs.

Annelise Heurtier nous raconte leur histoire et leur combat.



La force de ce roman est de nous faire vivre cette année d'intégration de l'intérieur. Nous avons tous en mémoires les images vues de ces 9 lycéens entrant au Lycée, escortés par des militaires afin que l'ordre soit respecté.


Nous allons suivre particulièrement une de ces élève, Molly, et ressentir avec elle la cruauté et l'injustice subies par ces enfants - parce que oui, c'étaient des enfants. 
Envoyer en première ligne ces enfants était d'une violence inouïe, dans un climat d'hostilité à son paroxysme, mais certainement nécessaire afin de faire progresser le mouvement des Droits Civiques. 



"Avec le temps, elle avait pensé que, au lycée, la situation s'améliorerait, mais au contraire, elle avait l'impression que chaque jour était pire que le précédent. L'intégration avait légalement été entérinée, leur sécurité était quasiment assurée par la présence des soldats, mais ce n'est pas pour autant que les Blancs avaient abandonné. Ils avaient simplement changé leur fusil d'épaule."

De l'autre coté de la barrière, se trouvent les blancs qui leur font subir les pires humiliations. Et dans cette folie collective, une petite lumière, celle de Grace.

"Depuis que ça lui était arrivé, elle était convaincu qu'ils avaient eu raison, et que leur combat était juste. Ce qu'elle avait vécu démontrait justement à quel point la situation était grave. Elle avait été passée à tabac parce qu'elle avait...parlé à des gens qui n'avait pas la même couleur de peau."


Un livre à lire sans modération, à faire lire à vos enfants (dès 12 ans).


Défi lecture 2017 : Catégorie 40 -->
Un livre de ma Wish List (liste d'envie) (défi 2016)

dimanche 19 mars 2017

Effroi - Je suis encore là - Olivier Norek - Sang Froid N° 5 - Printemps 2017


Je suis encore là

Olivier Norek

Illustration: Ludivine Stock

Sang froid N° 5 - Printemps 2017


Chronique à quatre mains



Sam


Se lancer dans l'exercice de la nouvelle est, sans aucun doute, un exercice difficile. Savoir accrocher le lecteur avec des personnages forts, une histoire qui tient la route en quelques pages, une ambiance, cela n'est pas donné à tout le monde. Je ne suis pas une grande lectrice de nouvelle, j'ai toujours le sentiment de rester sur ma faim après lecture, je suis souvent frustrée car il n'y a pas la place à plus de développements dans ce format.

Dans cette nouvelle, Olivier Norek, a su dès le départ me happer dans l'histoire.

J'ai intégré la peau et l'esprit de Pedro Alonso Lopez, le monstre des Andes, pour mon plus grand effroi. La fin est carrément flippante !




Alors oui, je ne suis pas très objective, parce que je kiffe grave le style Norek ! 
Mais écrire une nouvelle est périlleux, et avec un talent fou Olivier s'en sort haut la main.


Danièle Lanoë


Si se lancer dans l'écriture de nouvelles est difficile, en chroniquer l'est tout autant. Il n'est pas question ici pour moi d'en dévoiler l'histoire et le dénouement, et je n'ai rien à ajouter au texte de Samantha, qui écrit 100 fois mieux que moi. Ce que je souhaite simplement c'est que le plus de personnes possible lisent la nouvelle d'Olivier (fort bien illustrée d'ailleurs) et qu'elles se rendent compte, si ce n'est déjà fait, de l'étendue de son talent.

dimanche 12 mars 2017

Le cureton se rebiffe - Je m'appelle Requiem et je t'... - Stanislas Petrosky - Lajouanie








Etre curé et s'appeler Esteban Lahydeux, c'est pas très classe, alors il se fait appeler Requiem, et là tout de suite ça vous pose le personnage ! 
Requiem, faut pas trop le chauffer sinon c'est une volée de bois vert qui vous est servie. Alors quand une môme qui gagne sa vie pas très catholiquement vient à confesse et lui parle du message troublant qu'elle à reçu, ni une ni deux notre chevalier en soutane enfourche son fier destrier (une Ford Mustang du feu de Dieu) et part à la castagne.
Stanislas Petrosky vous emmène à la chasse aux démons. 



Pour ne pas trop froisser le patron, il gère son ministère avec bienveillance et assiduité.




Pour qui a grandit sur un air d'Audiard et Frédéric Dard, Requiem est un hommage à ces deux amoureux des mots gouailleurs, imagés, argotiques. 

Les réflexions truculentes, m'ont souvent fait rire.

Mais pas que...l'auteur vous donne à réfléchir sur les turpitudes de l'être humain, dans notre monde actuel plutôt bien malade. 

"Il y a des choses que j'ai du mal à comprendre, à assimiler...comment peut-on jouir dans la torture, comment peut-on prendre son pied en infligeant la douleur."

"Comment l'homme peut il être aussi vil, aussi sadique, aussi déshumanisé ?"


                           



Défi lecture 2017 : Catégorie 55 --> 
Un roman préfacé par quelqu'un d'autre que l'auteur

mardi 7 mars 2017

Concours des 1 an - Résultat






Bonjour à tous, avec un peu de retard voici donc le résultat du concours organisé pour le 1er anniversaire de mon blog.



And the winner is :


Camille Collin

Qui a choisi dans la liste des coups de cœurs  de ce blog : Journal d'un vampire en pyjama de Mathias Malzieu.

Bravo à toi Camille ! Le livre part au plus vite.


Merci à tous les participants, ce fût un plaisir de vous lire.


A bientôt pour un nouveau concours.




samedi 4 mars 2017

Nouvelle N° 26 - En haut du poulailler - Trophée Anonym'us 2017


Créé par

 Anne Denost et Eric Maravelias


Et voici la dernière nouvelle, N° 26.



En haut du poulailler

Avant ce jour-là, je n’avais jamais vu les choses sous cet angle.
J’allais au boulot sans me poser de questions, parce que les questions ne m’aidaient pas. Elles restaient sans réponse.
J’en arrivais toujours à la même conclusion : t’as qu’à fermer ta gueule. Qu’est-ce que tu peux y faire ? Les choses sont ainsi faites : t’es un ouvrier, tu trimes, tu gagnes des clopinettes, c’est normal. T’avais qu’à bien naître ou bosser à l’école. Les patrons, les ingénieurs, les architectes… Ils gagnent quatre, cinq, six fois plus que toi, c’est dans l’ordre des choses. Les révolutions n’y ont rien changé. Les révolutions n’apportent pas plus de justice, elles tuent les petits. Toujours. On remplace les gros par d’autres gros, mais les petits restent en bas. Alors, baisse la tête et continue à travailler comme une brute sans te mettre des idées dans la tête.

Et puis, un jour… C’est con, parfois, la vie. Ça tient à rien. J’étais là-haut, j’écoutais une émission à la radio et ça parlait de poules. Oui, de poules ! Un journaliste ou un scientifique expliquait que pour repérer le coq dans la basse-cour, il suffit de chercher celui qui est le plus haut perché… Sur le toit du poulailler, sur le dernier barreau d’une échelle, au somment d’un tas de paille… Le mâle dominant est systématiquement au-dessus des autres. C’est pareil pour les singes dans les arbres, pour les oiseaux… C’est pareil pour l’Homme ! D’ailleurs, un des mecs qui parlaient à la radio, un professeur ou un truc comme ça, a expliqué que toutes les civilisations ont cherché à bâtir vers le haut. Il a donné l’exemple des temples mayas, des pyramides égyptiennes. Et puis il a parlé du Machu quelque chose chez les Incas, et des cathédrales du Moyen-âge, de la tour Eiffel, des gratte-ciels à New York… Aujourd’hui, ça continue aux Émirats Arabes avec ces tours qui atteignent le kilomètre. L’Homme a toujours fait ça. Pour voir plus loin, pour éviter les prédateurs, pour se mettre à l’abri des inondations et des feux de forêt, mais aussi et surtout pour affirmer sa domination sur les autres. C’est ce que ce professeur disait : le seigneur a toujours été au sommet des édifices construits par l’Homme, on n’y a jamais mis les gueux.

Le jour où j’ai entendu cette émission à la radio, il y a eu un déclic dans ma tête. J’ai compris pourquoi je m’étais toujours senti bien dans ma cabine, en haut de ma grue.
Je pensais que c’était physique comme bien-être, parce que grimper peut procurer le même plaisir que se laisser flotter entre deux eaux à la mer ou dans une piscine… On échappe à la pesanteur, à son propre corps ; on se sent vraiment plus léger.
Ce jour-là, j’ai réalisé que c’était autre chose qui se passait chaque fois que je gravissais cette échelle : je m’élevais au-dessus des autres. Le mâle dominant du chantier, c’était moi. 
Je me suis dit « Putain, mais alors, t’es un seigneur ! »

À partir de ce moment, je n’ai plus supporté de courber l’échine. Je me suis détesté de l’avoir fait pendant toutes ces années. J’ai détesté mon père de l’avoir fait avant moi, et de m’avoir inculqué cet asservissement, sans jamais m’expliquer qu’en fait, je pouvais être un seigneur moi aussi. Que j’étais un seigneur.

J’avoue que ça m’a tourné la tête. J’ai commencé à envisager ma grue non plus comme un engin de chantier, mais comme le symbole de mon aristocratie, l’outil qui me permettait d’exercer mon pouvoir.

J’ai continué à écouter cette station de radio qui m’apprenait des tas de choses sur ce que nous sommes, sur la façon dont notre société est organisée et dont nous reproduisons des schémas prédéfinis.
Plus j’apprenais, plus je me libérais, plus je devenais fort. Je développais un sentiment d’invulnérabilité. Parfois, je me levais de mon siège, j’ouvrais les fenêtres de la cabine et je me mettais à crier, bras et jambes écartés… Des trucs du genre « Je suis le roi du monde » ou « Je vous emmerde tous ».
Au début, je faisais en sorte que personne ne puisse m’entendre ou me voir, parce que même si je suis loin de tout, là-haut, en gueulant fort, on peut m’entendre d’en bas.
Et puis, j’ai commencé à m’en foutre de savoir ce qu’on pensait de moi.
Ça faisait marrer mes collègues, les premiers temps. Ceux qui me connaissaient croyaient que je faisais ça pour épater la galerie. Ils me chambraient gentiment. Mais je les envoyais se faire foutre. Je leur interdisais de m’adresser la parole désormais. Pour qui se prenaient-ils ? Savaient-ils à qui ils avaient affaire ? Est-ce ainsi qu’on parle à un seigneur ?
Ils n’y ont pas cru, ils ont continué à s’amuser de moi.
Puis je me suis arrangé pour ne plus les croiser au vestiaire. J’arrivais de plus en plus tôt sur le chantier, bien avant eux, avant même les ingénieurs, et je repartais après tout le monde. Grutier, c’est une fonction à part sur un chantier, on peut faire ce que bon nous semble en quelque sorte ; on ne dépend pas des autres. Il suffit qu’on fasse bien son boulot sans rien casser, sans blesser personne. On n’a pas des comptes à rendre en permanence à un petit chef.
À la fin, je ne mangeais plus avec eux, je restais là-haut, je ne répondais même plus quand on m’appelait au talkie-walkie, sauf si ça avait à voir avec le chantier évidemment. Quoique, parfois…

Mes collègues ont cessé de sourire en parlant de moi. Petit à petit, ils ont pris conscience que je ne plaisantais pas, que je n’étais pas comme eux, que je n’étais plus comme eux.
Mes anciens copains ont essayé de me parler, de me demander ce qui se passait, si j’avais des problèmes… Comme si c’était moi le problème, comme si j’étais celui qui n’allait pas ! Ils avaient vraiment de la merde dans les yeux ! À croire qu’ils le faisaient exprès.
On s’est engueulé, ils ont dit que j’étais devenu « un sacré connard », ils m’ont mis en garde contre moi-même. Les ignares. C’est tout ce qu’ils ont trouvé. Si ça leur plaisait de continuer à se comporter comme des cloportes, grand bien leur fasse ! Moi, je valais mieux que ça, mieux qu’eux en tout cas.

Ils ont commencé à dire que j’étais fou. À la radio, toujours sur cette même chaîne, c’est ce qu’ils expliquaient au sujet des foules : depuis toujours on fait passer les visionnaires pour des déments ou des sorciers. On les brûle. Quand tu veux te débarrasser de ton chien, tu n’as qu’à dire qu’il a la rage.
Ils ont prétendu que j’étais dangereux. Question de sécurité. On ne confie pas une grue à un malade des nerfs. Ça peut mal finir.
La suite des événements était prévisible. J’aurais dû me méfier et mieux dissimuler mon jeu, m’efforcer de passer inaperçu… Mais ce n’est pas ce que je recherchais.

Ils en ont parlé au chef de chantier, qui en a parlé à l’ingénieur, qui en a parlé au patron.
C’est ainsi qu’ils procèdent, ces croupions assujettis. L’un d’eux se rebelle, et au lieu de le soutenir, d’en tirer une leçon et de suivre son exemple, ils le dénoncent et lui jettent la pierre. Je leur renvoyais trop l’image de leur propre impuissance, de leur lâcheté. C’est pour cette raison qu’ils ont voulu me faire taire.

Aujourd’hui, finalement, je suis dans mon rôle. Chacun à sa place, c’est mieux ainsi : moi en haut, eux en bas. Je les domine pendant qu’ils s’agitent pour trouver un moyen de me faire descendre.
Après avoir essayé de me déloger par la ruse, ils vont tenter par la force. Ils n’ont aucun autre argument.
Les flics ne me font pas peur. Ils ont laissé une compagnie de CRS en stationnement à l’entrée du chantier. Ils ont également posté des hommes sur les toits avoisinants. Je les vois distinctement.
Quand j’ai commencé à me servir de la benne à béton comme bélier pour défoncer les immeubles autour du chantier, ils ont rapidement coupé l’alimentation de la grue, et donc du chauffage de la cabine.
J’ai froid maintenant, j’aurais dû faire cela à un autre moment de l’année.
Malgré tout, j’ai eu le temps d’écraser quelques grosses voitures, notamment celles de l’ingénieur et du patron qui étaient venus parlementer avec moi, ainsi que l’énorme 4X4 de l’architecte.
C’était gratuit comme geste, mais ça m’a fait du bien.

Ce que je regrette, c’est de ne pas avoir prévu assez de stocks de nourriture et d’eau pour tenir plusieurs jours… Ils m’auront à l’usure, c’est certain.
Pour l’instant, vu que je me tiens tranquille, ils ne bougent pas. Ils ont probablement reçu l’ordre de ne pas me provoquer. Le temps joue pour eux.

C’est bête que ça finisse si vite. J’aurais dû en profiter pour faire… Je ne sais pas, il y a tant de possibilités qui s’offraient à moi… Une action d’éclat ! Je n’aurais rien eu contre l’idée de redresser quelques torts avant de faire une sortie triomphale.

France 3 est là, ils ont planté leurs caméras au pied de la grue dès qu’ils ont appris qu’un forcené s’y était replié et refusait d’en descendre. J’aurais pu tirer avantage de leur présence. Avec un peu de chance et en tenant une semaine ou deux, les médias nationaux se seraient emparés de l’affaire.
J’aurais dû mieux calculer mon coup ! Comme d’habitude, je me suis fié à mon instinct et j’ai foncé sans aucune préparation. C’est dommage.

Il aurait fallu que j’aie des revendications. Mais lesquelles ? Je n’ai pas les mots. Et puis, je n’y connais rien en politique, on ne m’a jamais appris à réfléchir à tout ça.

Ils vont m’envoyer en taule. Mais pour quelqu’un qui, comme moi, a été habitué à observer le monde depuis un sommet, la vie va paraître bien fade, sans vue.
Sans parler de l’humiliation au moment où ils vont m’arrêter et me juger !
Un seigneur assiégé se laisse-t-il prendre vivant quand son bastion est sur le point de tomber aux mains de l’ennemi ?
Il faudrait que je trouve un moyen de mourir les armes à la main. Le problème, c’est que j’ai jeté tous les outils que j’avais sur la tête des flics.

Je ne vois qu’un moyen de leur infliger une dernière perte : leur balancer le dernier poids mort qui me reste.

J’attendrai le petit jour pour voir une dernière fois le soleil se lever sur mon royaume, et pour que France 3 puisse filmer ma chute. La lumière sera alors parfaite. Leurs caméras pourront témoigner que, jusqu’au bout, mon visage n’aura pas tremblé et j’aurai gardé un rictus plein de mépris.